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Dominer le monde ou sauver la planète

 

 

 

 

NOAM CHOMSKY

 

DOMINER LE MONDE OU SAUVER LA PLANÈTE?

 

L'Amérique en quête d'hégémonie mondiale

 

La politique actuelle de l'administration Bush sur la scène mondiale constitue-t-elle une r:upture avec la position traditionnelle des Etats-Unis? Pour Noam Chomsky

 

- qui signe là son premier grand essai depuis une quinzaine d'années -, la Stratégie de sécurité nationale adoptée en 2002 a eu de nombreux précédents dans la pratique des administrations passées, tant républicaines que démocrates. Ce qui est vraiment nouveau, c'est que cette attitude n'est plus déniée mais revendiquée ouvertement. En s'appuyant sur un travail de recherche de premier ordre et sur l'exploitation de nombreuses archives, Chomsky analyse, avec autant d'indignation que d'humour, le discours du projet américain, dont il souligne très efficacement l'illogisme et l'injustice. Hégémonie ou survie: tel est, selon Chomsky, le choix historique aujourd'hui, et nul ne sait quelle orientation va l'emporter.

 

 

Editions: Fayard



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Dominer le monde ou sauver la planète

 

 

26. Abdullah Ahmed An-Na'im, «Upholding international legality against Islamic and American Jihad », in K. Booth et

  1. Dunne (éd.), Worlds in Collision, op. cit., p. 162-171.

27. Abdul Haq, «US bombs are boosting the Taliban », version corrigée de son entretien du 11 octobre 2001 avec Anatol Lieven, Guardian (Londres), 2 novembre 2001, commentaires et analyses, p. 20. En ligne: http://www.guardian.co.uk/waronterror/ story/OJ361.585302.00.html. Conférence de Peshawar : Barry Bearak, « Leaders of the old Afghanistan prepare for the new », New York Times, 25 octobre 2001, section B, p. 4 ; Farhan Bokhari et John Thomhill, « Traditionalleaders calI for peace jihad », Financial Times (Londres), 25 octobre 2001, p. 3, et« Afghan peace assembly caU », Financial Times (Londres), 26 octobre 2001, p. 2 ; John F. Burns, « Afghan gathering in Pakistan backs future role for king », New York Times, 26 octobre 2001, section B, p. 4 ; Indira A.R. Lakshmanan, «1,000 Afghan leaders discuss a new regirne », Boston Globe, 25 octobre 2001, section A, p. 24 ; et« Delegates demand Bin Laden leave », Boston Globe, 26 octobre 2001, section A, p. 31. Pour en savoir plus sur l'Association révolutionnaire des femmes en Afghanistan (RAWA), voir http://www.afghanwomensrnission.org/ index.shtml, ou http://rawaJancymarketing.net/index.html. L'information pertinente a toujours été accessible dans des revues indépendantes (<< alternatives »), sur papier et électroniques, dont 'ZNet (en ligne: http://www.zmag.org). On trouvera d'autres citations dans «Le monde après le Il septembre », repris dans Pirates et

Empereurs, op. cit., chap. 6.

  1. Voir supra, p. 179-180.

29. Larry Rohter, «In Latin America, the cult of revolution wanes », New York Times, 18 mai 2003, section 4 (Revue de la semaine), p. 3.

30. Daniel Grann, «Giving "the Devil" his due », Atlantic Monthly, vol. 287, n° 6, juin 2001, p. 54-71.

  1. S. Talbott et N. Chanda (éd.), Age ofTerror, op. cit., p. xv sq Ce sont eux qui soulignent. Ils ajoutent que le problème et la solu­tion sont «plus compliqués », mais acceptent visiblement la

 

conclusion et jugent le bombardement américano-britannique adapté et correctement « calibré }).

32. Christopher Greenwood, « International law and the" war against terrorism " », International Affairs (Londres), vol. 78, nO 2, avril 2002, p. 301-318. Thomas M. Franck, «Terrorism and the rights of self-defense }}, American Journal of (nternational Law, voL 95, n° 4, octobre 2001, p. 839-843.

33. Michael Howard, « What's in a name ? How to fight terro­rism }), Foreign Affairs, voL 81, n° 1, janvier-février 2002, p. 8 sq 34. Frank C. Schuller et Thomas D. Grant, « Terror : Measuring the cost, calculating the response », Current History, voL 101, n° 654, avril 2002, p. 184-186.

35. Werner Daum, ambassadeur d'Allemagne au Soudan de 1996 à 2000, «Universalism and the West: An agenda for unders­tanding }}, Harvard International Review, voL 23, n° 2, été 2001, p. 19-23. En ligne : http://www.hir.harvard.edu/articles/ index.html?id=909. Jonathan Belke, directeur régional de la Near East Foundation, qui a une expérience de terrain au Soudan, donne la même estimation: « A year later, US attack on factory still hurts Sudan }}, Boston Globe, 22 août 1999, section F, p. 2. Kenneth Roth, directeur général de Human Rights Watch, a immédiatement déclaré que le bombardement avait totalement désorganisé l'assis­tance à 2,4 millions de personnes menacées par la famine et contraint à remettre sine die des opérations de secours « cruciales }} dans des endroits où il y avait des dizaines de morts par jour ; let­tre au président Clinton, 15 septembre 1998. En ligne : http://www.hrw.org/press98/sept/sudan915.htm. Sur ces évalua­tions et quelques autres, et des documents sur le sujet, voir mon livre 9-11, New York, Seven Stories Press, 2001, p. 45 sq. (trad. fr. d'Hélène Morita et Isabelle Genet, 11-9, autopsie des terrorismes, Paris, Le Serpent à plumes, 2001, p. 53 sq.).

36. Christopher Hitchens, «Knowledge (and power) », The Nation, voL 274, nO 22, 10 juin 2002, p. 9. En ligne: h1mJL www.thenation.com/doc.mhtml %3Fi =2002061 O&s=hitchens.

  1. George W. Bush cité dans Anthony Shadid, «US rebuffs

 

second Iraq offer on arrns inspection », Boston Globe, 6 août 2002, section A, p. 1.

38. Richard J. Aldrich, «America used islamists to arrn the Bosnian muslims », Guardian (Londres), 22 avril 2002, article principal, p. 16.

  1. National Intelligence Council, Global Trends 2015, op. cit. 40. Kenneth Waltz in K. Booth et T. Dunne (éd.), Worlds in Collision, op. cit. Voir aussi supra, p. 172.

41. Avocat international de multinationales cité par Neil MacFarquhar, « Saudi dilemma : A native son, a heinous act », New York Times, 5 octobre 2001, section A, p. 1.

42. Sumit Ganguly, « Putting South Asia back together again », Current History, vol. 100, n° 650, décembre 2001, p. 410-414 ; Philip C. Wi1cox Jr., ambassadeur itinérant des États-Unis pour la lutte antiterroriste, 1994-1997, «The terror », New York Review of Books, vol. 48, n° 16, 18 octobre 2001 ; Rohan Gunaratna cité par Thomas Powers,« Secrets of September Il », New York Review of Books, vol. 49, n° 15, 10 octobre 2002. Interview de Wolfowitz par Sam Tennenhaus dans Vanity Fair, 9 mai 2003 ; il parle spécifique­ment de la présence américaine en Arabie Saoudite.

43. «Death in Riyadh : Crushing Al-Qaeda will require might and right », éditorial, Financial Times (Londres), 14 mai 2003, p. 22 ; P.W. Singer, « America and the Islamic world », Current History, vol. 101, n° 658, novembre 2002, p. 355-364 ; Daniel Byman, « The war on terror requires subt1er weapons », Financial Times (Londres), 27 mai 2003, p. 17.

44. Anthony Shadid, « Old Arab friends turn awav from US », Washington Post, 26 février 2003, section A, p. 1.

45. James A. Bill et Rebecca Bill Chavez, « The politics of inco­herence : The United States and the Middle East », Middle East Journal, vol. 56, n° 4, automne 2002, p. 562-575. En ligne : http://www.mideasti. org/pdflB ill %20galley562- 57 5. pdf.

  1. David Johnston et Don Van Natta Jr., «US officials see signs of a revived Al-Qaeda », New York Times, 17 mai 2003, sec­tion A, p. 1. D. Byman, « The war on terror requires subtler wea-

 

pons }}, art. cité. Don Van Natta Jr. et Desmond Butler, «Anger on Iraq seen as new Qaeda recruiting tool }}, New York Times, 16 mars 2003, section 1, p. 1. Scott Atran, « Who wants to be a martyr? }}, New York Times, 5 mai 2003, section A, p. 23.

47. Faye Bowers, «AI-Qaeda may be rebuilding }>, Christian Science Monitor, 5 mai 2003, p. 1.

48. Jason Burke,« The return of AI-Qaeda: The tentacles ofter­ror », Observer (Londres), 18 mai 2003, p. 17. Jessica Stern,« How America created a terrorist haven », New York Times, 20 août 2003, section A, p. 21.

49. Pour d'autres citations et éléments d'information, voir Gilbert Achcar, Le Choc des barbaries : terrorisme et désordre mondial, Bruxelles, Éd. Complexe, 2002 ; rééd. Paris, 10/18, coll. « Fait et cause », 2004, p. 93 sq. Les stratèges de Washington aussi supposent que tels sont leurs buts: voir l'interview de Wolfowitz dans Vanity Fair, art. cité.

50. Michael Kranish, «US company has long history with Saudis }>, Boston Globe, 15 mai 2003, section A, p. 20 ; Joseph B. Treaster, « Compound was a lure for terror, experts say}>, New York Times, 14 mai 2003, section A, p. 12.

51. Michael Ignatieff, «The burden }>, New York Times Magazine, 5 janvier 2003, section 6, p. 22-30.

52. Interview d'Ami Ayalon dans Le Monde, 22 décembre 2001, reprise in Roane Carey et Jonathan Shanin, The Other Israel:

Voices of RefusaI and Dissent, New York, New Press, 2002. Uri Sagie, Lumières dans le brouillard (en hébreu), Tel-Aviv, Yedioth Ahronoth-Chemed, 1998, p. 300 sq.

53. Yehoshaphat Harkabi cité par Amnon Kapeliouk. Le Monde diplomatique, février 1986.

54. Pour les sources et l'analyse du contexte, voir mon livre World Orders, Old and New, op. cit., p. 79 et 201 sq. Voir aussi à présent Salim Yaqub, «Imperious doctrines : US-Arab relations from Dwight D. Eisenhower to George W. Bush }>, Diplomatie History, vol. 26, n° 4, automne 2002, p. 571-591.

  1. Peter Waldman et al., «The question in the rubble : Why

 

us? », Wall Street Journal, 14 septembre 2001, section A, p. 6 , voir aussi Peter Waldman et Hugh Pope, «Worlds apart : Sorne muslims fear war on terrorism is really a war on them », Wall Street Journal, 21 septembre 2001, section A, p. 1. Voir mon livre 11-9, op. cit., et, pour plus de détails, Middle East Illusions, op. cit., chap. 10.

56. Ahmed Rashid, «Is terror worse than oppression? », Far Eastern Economic Review (Hong Kong), vol. 165, n° 30, 1er août 2002, p. 12-15. MM. El Lozy, professeur à l'université américaine du Caire, Azizuddin el-Kaissouni, écrivain, et Warren Bass, mem­bre du Council on Foreign Relations cités par Joyce Koh, « " Two-faced " US policy blamed for Arab hatred », Straits Times (Singapour), 14 août 2002.

57. Youssef M. Ibrahim, «Democracy : We must be careful what we wish for », Washington Post, édition hebdomadaire natio­nale, 31 mars 2003 ; et «Democracy : Be careful what you wish for », Washington Post, 23 mars 2002, section B, p. 3.

58. Jonathan Steele, «It feels like 1967 aIl over again », Guardian (Londres), 9 avril 2003, commentaires et analyses, p. 22. 59. Susan Sachs, «Egyptian intellectual speah of the Arab world's despair », New York Times, 8 avril 2003, section B, p. 1.

CHAPITRE 9

1. John Rockwell, «The aftermath : Peering into the abyss of the future », New York Times, 23 septembre 2001, section 2, p. 1. 2. Paul Krugman, «A no-win outcome », New York Times, 21 décembre 2001, section A, p. 39.

3. STRATCOM, Essentials of Post-Cold War Deterrence, 1995.

Texte déclassifié en ligne à l'adresse : http://www.nautilus.org/ nukestrat/USA/Advisory/Essentials95.txt. Pour de plus longues citations, voir mon livre Le Nouvel Humanisme militaire, op. cit., chap. 6. Sur les directives présidentielles ultérieures, voir Center for Defense Information, Defense Monitor, vol. 29, n° 3, 2000. Voir Morton Mintz, «Two minutes to launch », American

 

 

Prospect, vol. 12, nO 4,26 février 2001, p. 25-29, sur l'opposition du législatif à tout abandon du tir sur alerte. En ligne : http:// www.prospect.org/printN12/4/mintz-m.htmi. Sur l'alerte de 1969, qui visait à « signaler }} à Moscou les intentions américaI­nes au Vietnam, voir Scott D. Sagan et Jeremi Suri, « The mad­man nuclear alert : secrecy, signaling, and safety in october 1969 }>, International Security, vol. 27, n° 4, printemps 2003, p. 150-183. Le plus crucial des événements ignorés était un sérieux conflit frontalier entre la Chine et la Russie, qui aurait pu amener celle-ci à se méprendre sur le sens du « signal », avec d'effroyables conséquences.

  1. Voir supra, chap. 5, n. 29.

5. Scott Peterson, «Loose nukes get shortchanged? }>, Christian Science Monitor, 9 mai 2001, p. 6 ; Walter Pincus, «Bush targets Russia nuclear programs for cuts », Washington Post, 18 mars 2001, section A, p. 23. Un communiqué laconique a suggéré un possible renversement de politique, en réaction au Il septembre ; Elisabeth Bumiller, « US drops threat to cut aid to Russia for disarming }>, New York Times, 28 décembre 2001, sec­tion A, p. 7. Sur les succès de la démarche de réduction concer­tée de la menace inaugurée par les sénateurs Sam Nunn et Richard Lugar, voir M. Krepon, « Dominators rule », art. cité, p. 55-60. En ligne : http://www.thebulletin.org/issues/2oo3/jf03/ jf03krepon.htmi.

  1. Steven Lee Myers, « Study said to frnd US missile shield might incite China }>, New York Times, 10 août 2000, section A, p. 1 ; Bob Drogin et Tyler Marshall, «Missile shield analysis wams of arms buildup }>, Los Angeles Times, 19 mai 2000, p. 1 ; Michael Byers, «Back to the Co Id War? }>, London Review of Books, vol. 22, n° 12, 22 juin 2000. En ligne : h1112.;LL www.lrb.co.uk/v22/n12/bverOL.htmi. Voir aussi Michael R. Gordon et Steven Lee Myers, «Risk of arms race seen in US design of missile defense }>, New York Times, 28 mai 2000, sec­tion 1, p. 1, et C.L. Glaser et S. Fetter, «National missile defense and the future of US nuclear weapons policy }>, art. cité.

 

7. David E. Sanger,« US will drop objections to China's missile buildup », New York Times, 2 septembre 2001, section 1, p. 1 ; Sanger, «US restates its stand on missiles in China », New York Times, 5 septembre 2001, section A, p. 3 ; Jane Perlez, « Chinese firm is punished by the US for arrns sale », New York Times, 2 sep­tembre 2001, section 1, p. 9. Clinton: voir William J. Broad, « US-Russian talks revive old debates on nuclear warnings », New York Times, 1er mai 2000, section A, p. 8.

8. J. Steinbruner et 1. Lewis, « The unsettled legacy of the Cold War », art. cité.

9. David Ruppe, « Nuclear weapons : RAND report says acci­dentallaunch t:'" ,'eat growing », Global Security Newswire, 22 mai 2003. En ligne : http://www.nti.org/d_newswire/issues/ newswires!2oo3_5_22.html. Rand Corporation, Beyond the Nuclear Shadow, mai 2003. En ligne: http://www.rand.org/publications/ MR!MR1666/. Paul Webster, «Just like old times », Bulletin of the Atomic Scientists, vol. 59, n° 4, juillet-août 2003, p. 30. En ligne : http://www.thebulletin.org/issues/2003(ja03/ ja03webster.html.

10. Judith Miller, « Study urges more action to cut risks trom wea­pons stockpiles », New York Times, 20 janvier 2003, section A, p. 14.

  1. M. Krepon, « Dominators rule », art. cité.

12. Michael R. Gordon, « Nuclear arrns : For deterrence or figh­ting ? », New York Times, Il mars 2002, section A, p. 1. Eric Schmitt, « US tries to explain new policy for A-bomb », Il mars 2002, section A, p. 8. William M. Arkin, « The nuclear option in Iraq », Los Angeles Times, 26 janvier 2003, section M, p. 1.

13. Carl Huise et James Dao, « Cold War long over, Bush admi­nistration examines steps to a revamped arsenal ~~, New York Times, 29 mai 2003, section A, p. 23.

14. Scott Baldauf, « US may stoke Asian arrns race », Christian Science Monitor, 15 mai 2003, p. 6.

  1. Peter Sievin, «Analysts : New strategy courts unseen dan­gers ; tirst strike could be precedent for other nations », Washington Post, 22 septembre 2002, section A, p. 1.

 

16. McGeorge Bundy, Danger and Survival : Choices about the Bomb in the First Fifty Years, New York, Random House, 1988, p. 326. Bundy est sceptique sur les chances de succès, mais son jugement subjectif ne change rien à l'idée exprimée ici.

17. Adam B. Ulam, «A few unresolved mysteries about Staliri and the Cold War in Europe : A modest agenda for research » Journal of Cold War Studies, vol. 1, nO 1, hiver 1999, p. 100-116. En ligne: http://matilde.ingentaselect.com/vl=2491866/cl=80/nw =l/rpsv/catchword/mitpress/15203972/vlnl/s5/pllO. Melvyn P. Leffler, «Inside enemy archives : The Cold War reopened », Foreign Affairs, vol. 75, n° 4, juillet-août 1996, p. 120-135. James Warburg, Germany : Key to Peace, Cambridge, Harvard University Press, 1953, p. 189 sq.

  1. Voir supra, chap. 4, n. 3.

19. Kenneth N. Waltz, «America as a model for the world ? A foreign policy perspective », PS : Political Science & Politics, 24, n° 4, décembre 1991, p. 667-670. Garthoff et Kaufmann sont cités dans mon livre Deterring Democracy, op. cit., p. 26.

20. Voir notamment US Space Command, Vision for 2020, février 1997. En ligne : http://www.fas.org/spp/military/ docops/usspac/.

21. High frontier (Heritage Foundation) cité par Gordon Mitchell, «The American national missile defence ; Political implications and impact on disarmament », exposé au Centre d'études de défense de l'Institut royal supérieur de défense (Bruxelles), 30 janvier 2001. Voir Gordon R. Mitchell, Strategie Deception: Rhetoric. Science, and Politics in Missile Defense Advocacy, East Lansing (Mich.), Michigan State University Press, 2000.

22. R. Garthoff, A Journey through the Cold War, op. cit., p.357-358.

23. Jack Hitt, « Battlefield : Space ~>, New York Times Magazine, 5 août 2001, section 6, p. 30-39, qui cite l'expert en renseignement George Friedman.

  1. David Pugliese, dans le National Post (Toronto), 24 mai

 

2000. Voir aussi D. Pugliese, «Missile system to •• preserve" American dominance : Threat of rogue attack highly unlikely, defence documents say», Ottawa Citizen, 24 mai 2000, section A,

  1. 1.

25. Sha Zukang, cité par Michael R. Gordon, « China, fearing a bolder US, takes aim on proposed national missile shield », New York Times, 29 avril 2001, section l, p. 10. La phrase citée sur les EP-3 provient de William M. Arkin, « The last word : Nuc1ear pos­turing », Bulletin of the Atomic Scientists, vol. 57, n° 3, mai-juin 2001, p. 80. En ligne : http://www.thebulletin.org/issues/ 2001 /mjO l/miO 1lastword.html.

26. Andrew 1. Bacevich, «Different drummers, same drum », National Interest, nO 64, été 2001, p. 67-77 ; Lawrence F. Kaplan, « Offensive line }}, New Republic, vol. 224, n° Il, 12 mars 2001,

  1. 20. L'étude de la Rand est citée par L. Kaplan.

  2. Voir supra, p. 63-64.

28. Michael Krepon, «Lost in space : The misguided drive toward antisatellite weapons », Foreign Affairs, vol. 80, n° 3, mai-juin 2001, p. 2-8. En ligne : http://www.foreignaffairs.org/ 20010501 facomment4 7 63/michael-krepon/lost-in-space-the­misguided-drive-toward-antisatellite-weapons.html. Voir aussi ses commentaires dans J. Hitt, « Battlefield space }}, art. cité. Gordon Mitchell, «Japan-US missile defense collaboration: Rhetorically

. delicious, deceptively dangerous }>, Fletcher Forum of World Affairs, vol. 25, n° 1, hiver 2001, p. 85-108, qui cite Charles Perrow. En ligne : http://www.pitt.edu/~gordonm/JPubs/ JapanTMD.pdf. Voir aussi Karl Grossman, Weapons in Space, New York, Seven Stories, 2001.

29. Air Force Space Command, Strategie Master Plan (SMP) FY04 and Beyond, 5 novembre 2002. En ligne: http:// www. peterson.af.mil/hq afspc/library / AFSPCPAOffice/Final % 2004%20SM--Signed !.pdf.

  1. William M. Arkin, « The best defense }>, Los Angeles Times, 14 juillet 2002, section M, p. 1. Michael 1. Sniffen, AP, «Pentagon developing system to track every vehic1e in a city}>, 1" juillet 2003.

 

31. Hannah Hoag, «Neuroengineering ; Remote control », Nature, vol. 423, nO 6942, 19 juin 2003, p. 796-798.

  1. Voir supra, chap. 7, n. 10.

33. Tomas Valasek, «Europe's missile defense options », CD!

Defense Monitor, vol. 30, n° 3, mars 2001, p. 6 sq. En ligne; http://www.cdi.org/program/document.cfm ?DocumentID= 1602 &S tartRow= 1 &ListRows= 1 O&appendURL=&Orderby=D .Date Las t U pdated % 20deS C&pro gramlD= 7 5 &Iss ueID=O&lssue=­&Date From=&Date_ To=&Keywords=valasek&ContentType=­&Author=&from page=documents.cfm. G. Mitchell, «Japan-US missile defense collaboration », art. cité.

34. Voir supra, p. 170. Agence France-Presse, « Annan pleads for accord at UN disarmament conference », 23 janvier 2001. Reuters, 15 février 2001 ; rapporté dans le Deseret News (Salt Lake City), qui, parmi les médias américains, a été pratiquement le seul à couvrir les réunions de la conférence 2001. Frances Williams, « China calls for ban on "weaponisatlOn " of space », Financial Times, 8 juin 2001, p. 6.

35. Judith Miller, « Chemical weapons ban may suffer for lack of dues from treaty's parties », New York Times, 27 avril 2001, sec­tion A, p. 7 ; Marlise Simons, « Money short for battle on chemi­cals used in war », New York Times, 5 octobre 2001, section A, p. 9 ; Michael R. Gordon et Judith Miller, «US germ warfare review faults plan on enforcement ~>, New York Times, 20 mai 2001, section 1, p. 5 ; Richard Waddington, Reuters, «US snarls germ warfare talks ~~, Boston Globe, 8 décembre 2001. Oliver Meier, «Neither trust nor verify, says US >~, Bulletin of the Atomic Scientists, vol. 57, n° 6, novembre-décembre 2001, p. 19-22. Michael R. Gordon, « Germ warfare talks open in London ; US is the pariah », New York Times, 24 juillet 2001, section A, p. 11. Voir aussi William 1. Broad et Judith Miller, «US recently produced anthrax in a highly lethal powder form », New York Times, 13 décembre 2001, section A, p. 1.

  1. Mark Wheelis et Malcolm Dando, «Back to biowea­pons? », et Catherine Auer, « Killer "non-Iethals " », Bulletin of

 

the Atomic Scientists, vol. 59, nO 1, janvier-février 2003, p. 40-46. En ligne : http://www.thebulletin.org/issues/2003/if03/jf03 wheelis.html. Sur ces programmes soviétiques violant gravement les dispositions des traités, voir William Broad, Judith Miller et Stephen Engelberg, Germs: Biological Weapons and America's Secret War, New York, Simon & Schuster, 2001.

37. «Going it alone }>, Bulletin of the Atomic Scientists, vol. 58, n° 4, juillet-août 2002, p. 36-37, passe en revue ces initiatives de l'administration et d'autres semblables. George Perkovich, « Bush's nuc1ear rev01ution : A regime change in nonprolifera­tion }>, Foreign Affairs, vol. 82, n° 3, mars-avril 2003, p. 2 sq.

  1. Voir supra, p. 170.

39. Rachel Corrie a été tuée par des militaires israéliens à Gaza en mars 2003 avec l'une des armes les plus destructrices d'Israël: un bulldozer fourni par les États-Unis. Voir supra, p. 250. « Assassinée }> serait un terme plus exact, à en croire les récits des témoins oculaires. Le meurtre d'une citoyenne américaine par des clients des États-Unis avec du matériel américain n'a pas été jugé digne d'une enquête, ni même d'une réflexion: il a été rapporté sans commentaire.

  1. Cité par Judy Toth, «Bertrand Russell's relevance today», Bertrand Russell Society Quarterly, février 2003. La communica­tion de Judy TOth du 28 mars 1999 est consultable en ligne à l'adresse : http://www.ethicalstl.org/platform0328 99 .shtml.

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Dominer le monde ou sauver la planète 0029/....

 

Dominer le monde ou sauver la planète

 

 

 

Notes 1

 

 

27. Shlomo Ben Ami, A Place for AIl, Hakibbutz Hameuchad, 1998. Voir mon introduction à Roane Carey (éd.), The New Intifada: Resisting Israel' s Apartheid, Londres et New York, Verso, 2001, reprise dans mon livre Pirates et Empereurs, op. cit.

28. Avi Primor, « Sharon's South African strategy », Ha' aretz, 19 septembre 2002. Sur les stratégies israéliennes actuelles, voir

. notamment Tanya Reinhart, Israel/Palestine: How to End the War of 1948, New York, Seven Stories Press, 2002, et Baruch Kimmerling, Politicide : Ariel Sharon' s Wars against the Palestinians, New York, Verso, 2003.

29. Akiva Eldar, «The peace that nearly was at Taba », Ha' aretz, 14 février 2002.

30. Hussein Agha et Robert Malley, «The last negotiation :

How to end the Middle East peace process », Foreign Affairs, vol. 81, nO 3, mai-juin 2002, p. 10 sq.

  1. B'Tselem, Land Grab : Israel's Settlement Policy in the West Bank, mai 2002. En ligne: http://www.btselem.org/English/ Publications/SummarieslLand Grab~ap.asp.

 

32. Geoffrey Aronson, Report on Israeli Settlement in the Occupied Territories, vol. 13, n° 2, mars-avril 2003. En ligne : http://www.fmep.org/reports!2003/v 13n2.html.

33. Cité in Christopher Adams, Guy Dinmore et Harvey Morris, «Middle East" road map" launched », Financial Times, 1er mai 2003, section 1, p. 1.

34. «ProposaI for "final and comprehensive settlement" to Middle East conflict », New York Times, 1er mai 2003, section A, p.7.

35. Sharmila Devi, «Budget cuts: Israelis strike in protest at aus­terity package ~~, Financial Times, 1er mai 2003, p. 7, qui cite Ha' aretz.

36. Harvey Morris, « Israeli security wall threatens to damage Palestinian economy», Financial Times, 5 mai 2002, p. 7. Eva Balslev et Katrin Sommer, « Case study : Qalqilya », News from Within (Jérusalem), octobre 2002.

37. Sara Roy, «The" wall" is not just a wall », Daily Star (Beyrouth), 2 juin 2003. Sur le plan Sharon de 1992, approuvé par d'autres personnalités de toute tendance à la même date, voir l'ana­lyse de l'organisation La Paix maintenant, commentée dans World Orders, Old and New, op. cit., p. 224.

38. Amira Hass, « The state Sharon is talking about », Ha' aretz, 28 mai 2003.

39. Greg Myre, « Sharon defends peace plan against critics in Likud », New York Times, 27 mai 2003, section A, p. 12.

40. Déclaration des hautes parties contractantes à la IVe conven­tion de Genève (rapport sur la colonisation israélienne élaboré lors d'une conférence sur l'application du droit humanitaire internatio­nal dans les territoires palestiniens occupés, Genève, Suisse, 15 décembre 2001). En ligne: http://www.fmep.org/reports/2002/ v12n1.html#7.

41. Cité in John Donnelly et Charles A. Radin,« Powell's trip is called a way to buy time for Sharon sweep », Boston Globe, 9 avril 2002, section A, p. 1.

  1. «US votes against anti-Israel resolution at UN », Ha' aretz, 4 décembre 2003 ; rédaction du Jerusalem Post et dépêches

 

d'agences, «US defies UN anti-Israel vote », Jerusalem Post, 4 décembre 2003, p. 1. Les votes ont été annoncés par l'agence Associated Press et l'Agence France-Presse le 3 décembre 2003.

43. James Bennet, «Younger leaders are competing to shape Palestinians' future », New York Times, 17 mars 2003, section A, p. 3. 44. Elisabeth Bumiller, « Bush says ousting Hussein could aid peace in Mideast », New York Times, 27 février 2003, section A, p.l.

45. John Donnelly, « Afghanistan : Aid officiaIs criticize cuts in US assistance », Boston Globe, Il septembre 2002, section A, p. 9. 46. Douglas Hurd, « Put Middle East peace before war in Iraq », Financial Times, 3 décembre 2002, commentaires et analyses, p.19.

47. Ben Kaspit, « Shnatayim la-Intifada» [Deux ans d'Intifada] (en hébreu), première partie, Ma' ariv, 6 septembre 2002.

48. Reuven Pedatzur, « Blessings of war », critique du livre de Motti Golani, Milhamot lo Korot Mei' atzman [Wars don't just hap­pen], dans Ha'aretz, 12 mai 2003. En ligne: http://www. haaretz.com/hasen/pages/ShArt. ihtml ?itemN 0=29084 7 &contrass ID=2&subContrassID=20&s bSubContrassID=O&listSrc= Y.

49. B. Kaspit, «Shnatayim la-Intifada », art. cité. Doron Rosenblum, «Our friend the bulldozer ~~, Ha' aretz, 26 septembre 2002.

50. Patrick Sloyan, « Buried alive : US tanks used plows to kill thousands in GulfWar trenches », Newsday, 12 septembre 1991, p. 1.

51. «Quarterly Review Staff Study», Air Universities Quarterly Review, vol. 6, n° 4, hiver 1953-1954. Pour des citations et des analyses plus fournies, voir mon livre Towards a New Cold War : Essays on the Current Crisis and How We Got There, New York, Pantheon Books, 1982, et New Press, 2003, p. 112-113.

  1. Jawaharlal Nehru, The Discovery of India, Asia Publishing House, 1961 (trad. fr. de Catherine Richard et Dominique Vitalyos, La Découverte de l'Inde, Arles, P. Picquier, 2002, p. 368). Stanley A. Wolpert, A New History of India, 4e éd., New York, Oxford University Press, 1993. Gordon Johnson, Christopher Alan Bayly

 

et John F. Richards (éd.), The New Cambridge History of India, 3 vol., Cambridge et New York, Cambridge University Press, 1987­1993. Jack Beeching, The Chinese Opium Wars, 1re éd. américaine, New York, Harcourt Brace Jovanovich, 1975. Ce fut le contexte immédiat de l'essai classique de John Stuart Mill sur l'intervention humanitaire. Voir supra, chap. 2, n. 73.

  1. M. Curtis, Web of Deceit, op. cit., chap. 15.

  2. B. Kaspit, « Shnatayim la-Intifada », art. cité.

55. Sur les méthodes de la première Intifada, voir Norman Finkelstein, The Rise and FaU of Palestine: A Personal Account of the Intifada Years, Minneapolis, University of Minnesota Press, 1996. Voir aussi mon livre Fateful Triangle, op. cit., chap. 8, pour mon propre récit et des sources israéliennes ; ces dernières ont été considérablement augmentées dans Necessary Illusions, op. cit., appendice 4.2. Sur un plan plus général, voir Zachary Lockman et Joel Beinin (éd.), Intifada : The Palestinian Uprising against Israeli Occupation, Boston, South End Press, 1989.

56. Yoram Peri, Davar, 10 décembre 1982. Araboushim est un terme d'argot israélien, à peu près l'équivalent de négros ou you­pins. Moshe Dayan, débat interne du gouvernement, cité in Yossi Beilin, Mehiro shel Ihud (en hébreu), Israël, Revivim, 1985, p. 42.

57. «Unbridled Force », éditorial, Ha' aretz, 16 mars 2003. La conclusion ne surprendra pas ceux qui ont lu les articles réguliers des correspondants du journal, notamment Gideon Levy et Amira Hass.

CHAPITRE 8

1. Strobe Talbott et Nayan Chanda (éd.), The Age of Terror :

America and the World after september Il, New York, Basic Books, 2001.

  1. Pour les définitions américaines, voir mon article « Le terro­risme international: image et réalité» [« International terrorism : image and reality », in A. George (éd.), Western State Terrorism, op. cit.], repris dans Pirates et Empereurs, op. cit. La défmition bri­tannique est citée par M. Curtis, Web of Deceit, op. cit., p. 93.

 

3. Sur la reformulation des défmitions officielles, voir Scott Atran, «The genesis of suicide terrorism », Science, vol. 299, n° 5612, 7 mars 2003, p. 1534-1539. Il observe que la version revue et corrigée ne fait toujours« aucune distinction de principe entre le " terrorisme" tel que le conçoit le Congrès des États-Unis et la "contre-insurrection" telle que l'autorisent les manuels militaires américains» - l'un des éternels problèmes qui interdisent toute défmition « doctrinalement » correcte du terrorisme.

  1. M. McClintock, Instruments of Statecrajt, op. cit., chap. 3.

5. Résolution 42/159 de l'ONU, 7 décembre 1987. Le départe­ment d'État considère l'année 1987 comme celle de l'apogée du terrorisme.

6. Pour une remarquable illustration au sujet du Vietnam, voir infra, p. 266. Sur l'Irak, voir le correspondant d'ABC au Moyen-Orient Charles Glass, «1 blame the British », London Review of Books, vol. 25, nO 8, 17 avril 2003. En ligne: http:// www.lrb.co.uk!v25/n08/glasOI .html.

7. Charles Maechling,« The murderous mind of the Latin mili­tary ~~, Los Angeles Times, 18 mars 1982.

8. Comité colombien des droits de l'homme, Colombia Update, vol. 1, n° 4, décembre 1989. Voir mon livre Deterring Democracy, op. cit., p. 130 sq.

9. M. McClintock, Instruments of Statecrajt, op. cit., p. 222.

10. Raymond Bonner, « Southeast Asia remains fertile for Al Qaeda », New York Times, 28 octobre 2002, section A, p. 1

  1. S. Talbott et N. Chanda (éd.), Age ofTerror, op. cit.

12. Martha Crenshaw, «Why America? The globalization of civil war» ; Ivo H. Daalder et James M. Lindsay,« Nasty, brutish, and long : America's war on terrorism» ; et David C. Rapoport, «The fourth wave : September Il in the history of terrorism )), Current History, vol. 100, nO 650, décembre 2001, p. 425-432, 403­409, et 419-425.

  1. Pour les détails, voir mon livre Pirates et Empereurs, op. cit., dont le chapitre ajouté dans la nouvelle édition (2002). A. George (éd.), Western State Terrorism, op. cit. Sur les invasions

 

israéliennes au Liban soutenues par Clinton dans les années 1990, au-delà de la zone illégalement occupée au Sud-Liban, voir mon lIvre Fateful Triangle, éd. mise à jour, op. cit.

  1. M. Crenshaw, «Why America? », art. cité.

15. John F. Burns, «Ringleader of '85 Achille Lauro hijacking says killing wasn't his fault », New York Times, section A, p. 14. 16. Justin Huggler et Phil Reeves, «Once upon a time in Jenin », Independent (Londres), 25 avril 2002, p. 4-7.

  1. Voir mon livre Fateful Triangle, op. cit., p. 136.

18. Gloria Cooper, « Darts and laurels », Columbia Journalism Review, voL 41, n° 2, juillet-août 2002, p. 14 sq. En ligne: http:// archives.cir.org/year/02/4/dartsandlaurels .asp.

  1. Voir supra, p. 74.

20. Judith Miller, « South Asia called major terror hub in a sur­vey by US }}, New York Times, 30 avril 2000, section 1, p. 1. Robert Pearson, Fletcher Forum ofWorld Affairs, vol. 26, n° 1, hiver-prin­temps 2002.

  1. Voir supra, p. 87.

22. Jean Bethke Elshtain, «A just war? }), Boston Globe, 6 octobre 2002, section Idées ; voir aussi sa contribution au livre de K. Booth et T. Dunne (éd.), Worlds in Collision, op. cit. Une vaste partie du monde sera très intéressée d'apprendre que les États-Unis n'ont jamais entrepris de « déchaîner des terroristes }) ni menacé ou agressé des civils d'aucune façon.

23. Bill Keller, «The loyal opposition }), New York Times, 24 août 2002, section A, p. 13.

24. Une revue de presse effectuée par Jeff Nygaard a révélé que ce sondage Gallup a été signalé dans un seul article : une nouvelle brève de l'Omaha World-Herald qui «travestissait complètement les résultats }) (Nygaard Notes, n° 132, 16 novembre 2001). En ligne : http://www.nygaardnotes.org/issues/nn0132.htmL Envio (Managua, Nicaragua), octobre 2001.

  1. Walter Pincus, « Mueller oudines origin, funding of sept. Il plot }), Washington Post, 6 juin 2002, section A, p. 1. C'est moi qui souligne.

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Dominer le monde ou sauver la planète 0028/....

 

Dominer le monde ou sauver la planète

 

 

En avril 2001, les experts en désarmement ont fait savoir que la vérification internationale du respect de l'interdiction des armes chimiques allait être considérable­ment réduite, «parce que les États-Unis et d'autres signa­taires clés du traité [il s'agit de la Russie] n'ont pas fait leur part ». Un spécialiste du centre Henry Stimson de Washington a expliqué que l'administration Clinton avait « ridiculisé» le traité en établissant « un ensemble de règles séparé p0ll! les États-Unis », avec des exemptions unilaté­rales. Les Etats-Unis avaient été le seul pays à exiger d'être exemptés de certains tests et inspections quand le Sénat avait ratifié la convention sur les armes chimiques en 1997. L'administration Bush a décidé de se retirer des négociations pour instituer des mesures de vérification de la convention de 1972 interdisant les armes biologiques ou à toxines, ce qui, de fait, y a mis fin. Les États-Unis avaient précédemment « œuvré à limiter le champ des visites d'inspecteurs étrangers, afin de protéger les compagnies pharmaceutiques et biotech­nologiques américaines qui dominent l'industrie mondiale et veulent garder à l'abri leurs secrets commerciaux».

 

L'administration Bush a décidé de rejeter toute forme de vérification, au motif que les mécanismes sont inefficaces et «ne feraient qu'augmenter les risques pour des activités légitimes des États-Unis », position condamnée comme « totalement inacceptable» par un éminent diplomate euro­péen.

 

Peu après, des motivations probables autres que la protection des intérêts des firmes américaines ont fait surface: on a appris que les États-Unis « ont trois projets défensifs clandestins qui calquent un programme complet d'armes biologiques », violant l'esprit et peut-être la lettre du protocole de vérification que les États-Unis ont ensuite rejeté officiellement. Même avant ce rejet, Washington faisait valoir que « l'accès aux installations américaines de biodéfense» risquait de révéler des secrets militaires - ce qui est bien l'objectif des inspections35

 

Les experts en armes biologiques redoutent que les États­Unis n'« aient rejeté le protocole sur [ces] armes [ ... ] parce qu'ils veulent poursuivre et développer leurs programmes secrets» en violation des traités. Ils soulignent que « l'idée d'élaborer un protocole acceptable pour l'industrie pharma­ceutique n'a pas éveillé le moindre intérêt à Washington ». On soupçonne, entre autres plans, l'ingénierie génétique d'un bacille du charbon résistant aux vaccins, que les Russes ont peut-être déjà mis au point. Il apparaît que les États-Unis «se sont lancés dans une étude en grande partie secrète, impliquant plusieurs agences, sur les applications des bio­technologies au développement de nouvelles armes biolo­giques », apparemment au mépris des traités. «Le reste du monde sera donc obligé de suivre », ce qui déclenchera peut­être « une course mondiale aux armements biologiques ». La prolifération de ces technologies « augmenterait aussi consi­dérablement les risques de donner à des terroristes les moyens d'effectuer des attentats-massacres en usant d'armes chimiques ou biologiques », danger également abordé dans le rapport Hart-Rudman 2002 sur les menaces terroristes aux . États-Unis36

 

L'administration Bush a également fait savoir qu'elle «ne soutient plus certaines des conclusions de l'article VI» du traité de non-prolifération des armes nucléaires de 1970 (TNP), le plus grand accord international sur le contrôle des armes nucléaires, qui a connu un certain succès -lequel est loin d'être total, certes: les cinq grandes puissances nucléaires, en particu­lier, n'ont pas respecté leurs engagements. L'article VI est l'élément essentiel du TNP qui s'applique aux puissances nucléaires. TI leur fait obligation de « poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessa­tion de la course aux armements nucléaires à une date rappro­chée, et au désarmement nucléaire ». L'administration Bush a ensuite déclaré son opposition au traité ABM (dont elle s'est retirée depuis) et au traité pour l'interdiction totale des essais nucléaires. Elle a aussi saboté la première conférence de l'ONU qui ait tenté de contrôler le marché noir international meurtrier des armes légères; l'envoyé spécial de Bush, John Bolton, a informé la conférence que les États-Unis s'oppo­saient «à la promotion d'activités de plaidoyer contre la possession d'armes légères menées par des organisations inter­nationales ou par des ONG37 ». TI n'est guère difficile de détec­ter la logique qui sous-tend cette position, ni d'en percevoir les conséquences probables.

 

Au moment où elle annonçait sa grande stratégie impé­riale en septembre 2002, l'administration Bush a pris l'initiative de saper les efforts toujours en cours pour compléter par des procédures de contrôle la convention sur les armes chimiques et biologiques, dirigée contre la guerre bactériologique - en empêchant toute nouvelle discussion pendant quatre ans. Peu après, elle s'est carrément opposée à la réaffmnation solennelle du protocole de Genève de1925, qui interdit l'usage des gaz toxiques et des méthodes de guerre bactériologiques38

 

Sur un autre plan, on a beaucoup reproché à l'administra­tion Bush d'avoir sabordé le protocole de Kyoto au motif que s'y conformer serait nuisible à l'économie américaine. Critiques étranges, en un sens, car cette décision n'est pas irrationnelle dans le cadre idéologique existant. On nous incite tous les jours à croire aux marchés néoclassiques, où les individus sont des acteurs rationnels qui maximisent leur richesse. Si les distorsions sont éliminées, le marché doit répondre parfaitement à leurs « votes », exprimés en dollars ou autre équivalent. La valeur des intérêts d'une personne se mesure de la même façon. Les intérêts des individus qui ne votent pas, notamment, sont évalués à zéro - ceux des géné­rations futures, par exemple. Il est donc rationnel de détruire toute possibilité de survie dans des conditions acceptables pour nos petits-enfants si nous maximisons par là notre « richesse» - terme désignant une idée bien particulière de l'intérêt personnel mise au point par des industries puis­santes, qui consacrent tous leurs efforts à l'implanter et à la renforcer. Les menaces pour la survie sont actuellement aggravées par les coups de boutoir portés contre les struc­tures institutionnelles que l'on avait conçues pour adoucir les rudes conséquences du fanatisme du marché, et aussi contre la culture de la compassion et de la solidarité qui les anime.

 

Tout cela est un autre visa pour le désastre, peut-être dans un avenir pas très lointain. Mais, répétons-le, la démarche ne manque pas de rationalité dans le cadre doctrinal et insti­tutionnel existant.

 

N'en concluons pas pour autant que les perspectives d'avenir sont uniformément sinistres. Loin de là. La lente maturation d'une culture des droits de l'homme dans l'ensemble de la population constitue un phénomène très prometteur. Cette évolution s'est accélérée pendant les années 1960 - période où le militantisme populaire a eu un effet civilisateur sensible en de nombreux domaines -, et considérablement développée depuis. Elle a eu des aspects particulièrement positifs, comme l'intérêt toujours plus vif pour les droits civils et humains, dont ceux des minorités, des femmes et des générations futures - élément moteur du mouvement écologiste, qui est devenu une force puissante. Pour la première fois dans l'histoire américaine, on a voulu porter un regard honnête sur la conquête du territoire national et le sort de ses habitants. Les mouvements de soli­darité qui se sont développés dans l'Amérique profonde au cours des années 1980, notamment au sujet de l'Amérique centrale, ont été un phénomène nouveau dans l'histoire de l'impérialisme. Jamais jusque-là autant de personnes issues d'une société impérialiste n'étaient venues en nombre partager la vie des victimes d'une odieuse agression pour les aider et leur apporter une certaine protection. Les organisa­tions de solidarité internationale qui se sont développées à partir de cette expérience fonctionnent aujourd'hui très effi­cacement dans de nombreuses régions du monde, ce qui expose parfois leurs membres à de sérieux dangers, et même à la mort39, car elles inspirent aux États répressifs autant de . peur que de colère. Les mouvements pour la justice globale qui se sont constitués plus tard et se réunissent tous les ans au Forum social mondial sont une réalité entièrement neuve, sans précédent par sa nature et son échelle. La « seconde superpuissance» de la planète, qu'il n'était plus possible d'ignorer début 2003, est née de ces évolutions, et nous pouvons en attendre beaucoup.

 

Tout au long de l'histoire moderne, les droits de l'homme et le contrôle démocratique sur certains domaines de la vie ont fait d'importants progrès, rarement octroyés par des diri­geants éclairés mais en général imposés aux États et autres centres de pouvoir par les luttes populaires. Un optimiste pourrait soutenir, et peut-être aurait-il raison, que le soutien aux droits de l'homme s'est fait de plus en plus net, et qu'ils se sont élargis - non sans renversements brutaux, mais la tendance historique de fond paraît bien réelle. Les problèmes sont aujourd'hui clairement posés. Les néfastes retombées de la mondialisation des entreprises ont provoqué une mobilisation populaire de masse dans le Sud. Elle a été rejointe ensuite par des secteurs cruciaux des sociétés indus­trielles riches, et il est donc devenu plus difficile de l'ignorer. Pour la première fois, des alliances concrètes ont pris forme à la base. Ce sont des événements impression­nants, riches en potentialités. Et ils ont eu des effets: certains changements de discours et parfois de politique. Ils ont au moins exercé une influence modératrice sur la violence des Etats, même si l'on n'a toujours rien vu qui ressemble à la «révolution des droits de l'homme» proclamée par les intellectuels en Occident.

 

Si cette dynamique se maintient, si ces liens émergents de sympathie et de solidarité planétaires s'approfondissent, tout cela peut s'avérer très important. L'évolution de ces forces populaires jouera, je crois, un rôle non négligeable pour décider de l'avenir de notre espèce en péril.

On peut discerner deux efforts en cours dans l'histoire que nous vivons. Le premier vise l'hégémonie, en agissant rationnellement au sein d'un cadre doctrinal démentiel puisqu'il menace la survie. Le second veut croire qu'« un autre monde est possible », comme dit la formule maîtresse du Forum social mondial; il conteste le système idéolo­gique en vigueur et cherche à créer, sur les plans de la réflexion, de l'action et des institutions, des alternatives constructives. Lequel l'emportera ? Nul ne peut le prédire. C'est une situation que l'histoire a souvent connue, mais il y

a aujourd'hui une différence cruciale: l'enjeu est bien plus élevé.

 

Bertrand Russell a conçu un jour de sombres pensées sur la paix mondiale'

 

Après bien des âges où la Terre a produit d'inoffensifs tri­lobites et papillons, l'évolution a progressé jusqu'à engen­drer des Nérons, des Gengis Khans, des Hitlers. Mais il s'agit, je crois, d'un cauchemar passager; avec le temps, la Terre redeviendra incapable de nourrir la vie et la paix reviendra 40.

 

La prévision est sans nul doute exacte à un certain niveau qui nous dépasse. L'important est de savoir si nous parvien­drons à nous réveiller du cauchemar avant qu'il n'englou­tisse tout, et à donner un peu de paix, de justice et d'espoir au monde, ce qui, aujourd'hui même, est à portée de nos moyens d'action et de notre volonté.

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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 12 2009 16:15
 

 

Dominer le monde ou sauver la planète 0027/....

 

Dominer le monde ou sauver la planète

 

 

 

Ces systèmes d'armes augmentent considérablement les risques d'immenses massacres et dévastations, ne serait-ce qu'en raison de ce qu'on appelle dans la profession les « accidents normaux» - les accidents imprévisibles auxquels sont sujets les systèmes complexes28

 

Des plans datés de quelques semaines après l'annonce de la Stratégie de sécurité nationale considèrent les systèmes spatiaux comme «cruciaux pour l'efficacité militaire de notre pays ». Les États-Unis doivent passer du « contrôle» de l'espace à sa « possession », qui doit être permanente, conformément à la Stratégie de sécurité nationale. La possession de l'espace rendra possible «un engagement instantané n'importe où dans le monde », si bien que l'on pourra intégrer aux plans de combat des « attaques venues de l'espace ». «Une capacité viable de frappe planétaire rapide, nucléaire ou non nucléaire, permettra aux Etats-Unis de toucher très vite, à partir de zones hors d'atteinte, des cibles du plus haut intérêt et difficiles à détruire» et « donnera aux commandants sur le terrain, lorsqu'ils veulent barrer la route, retarder, induire en erreur, perturber, détruire, exploiter, neutraliser des cibles, les moyens d'agir vite, en faisant une question d'heures et de minutes et non de jours et de semaines, même quand les forces américaines et alliées auront une présence à l'avant limitée29 ».

 

Ces plans avaient déjà été esquissés dans un document stratégique classifié du Pentagone de mai 2002, qui a fait l'objet d'une fuite partielle. Il préconisait une stratégie de «dissuasion à l'avant », où des missiles hypersoniques lancés de plates-formes spatiales pourraient effectuer des « attaques sans avertissement» presque instantanées. Projet que l'expert des questions militaires William Arkin commente ainsi: «Aucune cible sur la planète ou dans l'espace ne serait à l'abri d'une attaque américaine. Les États-Unis pourraient frapper sans avertissement à tout moment et en tout lieu où une menace serait perçue, tout en étant protégés par leurs défenses antimissile» et par des mesures de sécurité intérieure. Des drones hypersoniques surveilleraient et frapperaient les cibles. Les nouveaux systèmes d'armes permettraient aux États-Unis de bombarder instantanément des ennemis choisis, à partIT de bases américaines, assistés par une nuée de systèmes de renseignement avancés, dont des systèmes de surveillance capables « de suivre, enregistrer et analyser les mouvements de chaque véhicule dans une ville étrangère» : le monde serait ainsi à la merci de l'agression américaine à volonté, sans avertissement ni prétexte crédible - c'est le sens opéra­tionnel de l'expression« menace perçue »30. Ces plans n'ont aucun précédent historique, même s'en approchant de loin.

 

Des idées encore plus extraordinaires sont actuellement explorées par l'agence de recherches avancées du Penta­gone, la DARPA, parmi lesquelles des technologies pour établir un contact direct entre cerveau et machine, ce qui permettrait finalement, du moins l'espère-t-on, de commu­niquer de cerveau à cerveau. Ce pourrait être « l'avenir de la guerre », soutiennent les chercheurs - mais en attendant ils poursuivent la mission traditionnelle de la DARPA: faire avancer la recherche-développement aux frontières mêmes du savoir afin de jeter les bases de l'économie du futur, sous couvert de défense31

 

Les finalités de la militarisation de l'espace sont de grande portée. La brochure publiée sous Clinton par l'US Space Command, Vision for 2020, annonçait en gros carac­tères le but principal sur sa couverture: «Dominer la dimension spatiale des opérations militaires pour protéger les intérêts et les investissements des États-Unis.» Cet objectif est présenté comme la prochaine phase de la mission historique des forces armées. On a eu besoin des armées de terre« pendant l'expansion vers l'ouest des États­Unis continentaux» - par autodéfense. Les États ont aussi construit des marines, poursuit l'US Space Command, « pour protéger et développer leurs intérêts commerciaux ». L'étape suivante, en toute logique, ce sont, d'une part, des forces spatiales capables de protéger « les intérêts nationaux [militaires et commerciaux] et les investissements des États­Unis », dont fera partie la défense antimissile, et, d'autre part, «des armes offensives basées dans l'espace» qui permettront «l'application chirurgicale d'une force en provenance et en direction de l'espace ou le traversant ».

 

Mais les forces spatiales américaines ne ressembleront pas aux marines des époques antérieures.

 

Cette fois, il n'y aura qu'une seule puissance totalement hégémonique. La Royal Navy britannique pouvait être contrée par l'Alle­magne, ce qui a eu des conséquences qu'il n'est nul besoin d'évoquer.

 

Mais les États-Unis resteront immunisés - sauf contre le développement d'ADM par des éléments voyous et l'étroit sous-type du « terrorisme» admis comme tel: leur terrorisme contre nous et nos clients.

 

La nécessité de dominer l'ensemble du spectre s'est accrue avec la «mondialisation de l'économie », explique l'US Space Commando La « mondialisation» devrait en effet «élargir l'écart entre "ceux qui ont" et "ceux qui n'ont pas" ». Comme le National Intelligence Council32, les stra­tèges militaires comprennent que 1'« élargissement de la fracture économique », qu'ils prévoient aussi, en« aggravant la stagnation économique, l'instabilité politique et l'aliéna­tion culturelle », va susciter chez «ceux qui n'ont pas» des troubles et des violences, en grande partie dirigés contre les États-Unis. Cela donne une nouvelle raison d'étendre à l'espace les capacités militaires offensives. Puisqu'ils ont le monopole de cette forme de guerre, les États-Unis doivent être prêts à maîtriser les désordres en « utilisant des systèmes spatiaux et en planifiant des frappes chirurgicales venues de l'espace pour faire pièce à la prolifération mondiale des ADM» aux mains d'éléments incontrôlés, effet probable des programmes recommandés, tout comme l' « élargissement de la fracture» est une conséquence prévue de la forme de « mondialisation» que l'on préfère.

 

L'US Space Command aurait pu utilement étendre son analogie aux forces militaires de périodes antérieures. Elles ont joué un rôle essentiel dans le développement technolo­gique et industriel tout au long de l'époque moderne: progrès majeurs dans la métallurgie, l'électronique, les machines­outils et les processus de fabrication, dont le système améri­cain de production de masse qui stupéfiait les rivaux des États-Unis au XIX" siècle et qui a planté le décor pour l'indus­trie automobile et d'autres réussites industrielles, fondées sur de nombreuses années d'investissement, de recherche-déve­loppement et d'expérience de la production d'armements dans les arsenaux de l'armée de terre américaine. Il y a eu un bond qualitatif après la Seconde Guerre mondiale, et cette fois essentiellement aux États-Unis, où l'armée a servi de couver­ture à la création du noyau de l'économie moderne ultratech­nologique: les ordinateurs et l'électronique en général, les télécommunications et Internet, l'automation, les lasers, l'industrie de l'aviation civile et bien d'autres secteurs, qui s'étendent aujourd'hui aux nanotechnologies, aux biotechno­logies, à la neuro-ingénierie et à d'autres nouvelles frontières. Les historiens de l'économie ont souligné que les problèmes techniques de l'armement naval il y a un siècle étaient à peu près comparables à ceux de la fabrication des engins spatiaux, et que l'énorme impact des premiers sur l'économie civile pourrait se reproduire, stimulé par les projets de militarisation de l'espace.

 

L'une des conséquences des exemptions pour raisons de sécurité nationale intégrées aux bien mal nommés « accords de libre-échange », c'est de permettre aux grands pays industriels, et surtout aux États-Unis, de maintenir ce secteur public sur lequel l'économie s'appuie lourdement pour socialiser les coûts et les risques en privatisant les profits.

 

D'autres le comprennent aussi. Revenant sur sa position critique antérieure concernant les systèmes de défense anti­missiles balistiques, le chancelier Gerhard SchrOder a observé que l'Allemagne a un « intérêt économique vital» à développer ce type de technologie et doit faire en sorte de « ne pas être exclue» des travaux technologiques et scienti­fiques en ce domaine. Ce qu'on attend de la participation aux programmes BMD, c'est un renforcement général de la base industrielle intérieure en Europe. De même, l'US BMD Organization a expliqué à des dirigeants japonais en 1995 que la défense antimissile de théâtre est « la dernière affaire du siècle dans le domaine militaire ». Si l'on intègre le Japon, ce n'est pas seulement pour exploiter son expertise industrielle, mais aussi pour attacher encore plus fortement le monde industriel à la militarisation de l'espace, «en verrouillant les programmes », comme dit une expression courante chez les décideurs politiques et les analystes33

 

Tout au long de l'histoire, on a pu constater que les entre­prises de ce genre sont dangereuses. Aujourd'hui, le danger est devenu menace pour la survie de l'humanité. Mais, on l'a dit, il n'en est pas moins rationnel de continuer si l'on admet les postulats du système de valeurs actuel, qui sont profondément ancrés dans les institutions existantes. Prin­cipe de base: l'hégémonie importe plus que la survie. Il n'est pas nouveau, et a été amplement illustré au cours du dernier demi-siècle.

 

 

Voilà pourquoi les États-Unis ont refusé de se joindre au reste du monde pour réaffirmer et renforcer le traité sur l'espace extra-atmosphérique de 1967, qui réservait l'espace à des fins pacifiques.

 

Si ce refus a suscité tant d'inquiétude, qu'ont traduite des résolutions de l'ONU appelant à la «prévention de la course aux armements dans l'espace », c'est parce que chacun a compris que Washington avait l'intention de franchir cette limite jusque-là inviolée.

 

Les États-Unis ont été rejoints dans leur abstention en 1999 par Israël, et en 2000 par la Micronésie. Comme on l'a déjà relevé, immédiatement après qu'on eut appris que le monde avait échappé de justesse à une guerre qui aurait pu « détruire l'hémisphère Nord », l'administration Bush a opposé son veto de fait à un autre effort international pour prévenir la militari­sation de l'espace. Pour les mêmes raisons, Washington a bloqué les négociations à la conférence des Nations unies sur le désarmement pendant les sessions qui se sont ouvertes en janvier 2001, rejetant l'appel du secrétaire général Kofi Annan aux États membres pour qu'ils surmontent le manque de « volonté politique» et œuvrent à un accord exhaustif afin d'empêcher la militarisation de l'espace. «Les États-Unis restent le seul des 66 États membres à s'opposer à l'ouverture de négociations officielles sur l'espace », a rapporté Reuters en février.

 

En juin, la Chine a de nouveau appelé à interdire les armes dans l'espace, mais les États-Unis ont encore bloqué les négociations34

 

Tout cela est logique, répétons-le, si l'hégémonie, avec ses bénéfices à court terme pour les intérêts de l'élite, passe avant la survie dans l'échelle des valeurs pratiques, confor­mément à la norme historique des États dominants et des autres systèmes de concentration du pouvoir.

 

On peut en dire à peu près autant de l'interruption des efforts pour prohiber les armes chimiques et biologiques. Nul ne saurait contester sérieusement qu'elles représentent de graves menaces, mais de plus hautes priorités s'opposent à leur interdiction.

Par Enfin Libre ...
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