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Dimanche 4 octobre 2009
http://www.lepartidegauche.fr/editos/international/888-traite-de-lisbonne-la-victoire-du-oui-par-la-peur-et-le-mensonge

Traité de Lisbonne : la victoire du Oui par la peur et le mensonge

 

Les premiers résultats du référendum sur le traité de Lisbonne qui nous parviennent d'Irlande donnent le « oui » en tête avec 60% des suffrages exprimés. Le camp du « Non », avec 40 % des voix, a gardé son capital de 2008 en termes de voix acquises dans les classes populaires.  Mais cela n'aura pas suffit.  Sous les coups de buttoirs médiatiques et politiques des élites irlandaises et européennes qui ont utilisé toutes les peurs et tous les mensonges (supposé isolement politique de l'Irlande en cas de victoire du Non, confusion entretenue entre voter Non au traité et à l'Europe, promesse de nouveaux emplois avec le « oui », etc.) pour culpabiliser et effrayer les électeurs, nombre de citoyens irlandais (notamment dans les tranches d'âge les plus élevées) ont voté oui, trompé et volé en pleine explosion de la crise sociale et économique dans le pays.

Malgré des efforts de mobilisation extraordinaire  - et avec des moyens dérisoires face à la propagande du oui -, la campagne du oui, soutenue par les principaux dirigeants irlandais, le patronat, les multinationales, les médias et les institutions européennes, l'a donc emporté. Apeurés par une pluie constante d'arguments fumeux, bon nombre d'irlandais ce sont cette fois rendus aux urnes pour voter oui, pensant ainsi soutenir le travail de leurs enfants et de leurs petits enfants. « Vote yes for jobs » se sont-ils entendus martelé durant toute la campagne...

Michael Youlton, coordinateur de la campagne du non avec Roger Cole, tient cependant à souligner que dans les quartiers populaires, le vote pour le non n'a pas faibli, que les travailleurs se sont mobilisés une fois de plus contre le Traité de Lisbonne. « Il n'y a pas que du mauvais dans ce vote » indique-t-il : « les bases en luttes contre l'Europe libérale réponde présent plus que jamais, et la participation active de camarades européens, notamment du Parti de Gauche, nous donne bon espoir pour continuer la lutte ».

Par Enfin Libre ...
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Dimanche 4 octobre 2009

Préparer Copenhague 0051/….

 

 

Préparer Copenhague : L’infamie de la culture excessive 0022/….

 

Selon quelle méthode avez-vous travaillé pour comparer l'agriculture durable à l'agriculture conventionnelle ?

 

L’expérimentation en exploitation n'étant guère prati­quée à l'Inra, elle a dû être improvisée en combinant l'observation, l'enquête, l'analyse technique approfon­die sur les prairies, les cultures, les troupeaux. Le réseau ne fut pas comparé à un réseau conventionnel, comme il avait été envisagé au départ. Car la comparaison aurait nécessité deux réseaux de taille plus grande, ce qui était difficile à mettre en œuvre. La décision a donc été prise de réaliser une expertise approfondie sur un petit réseau de 27 exploitations du Cédapa dont 17 de production laitière, avec une approche plus fine que celle pratiquée par les organismes de développe­ment, notamment l'analyse du cycle alimentaire utili­sant un pas de temps d'un mois. Elle permit de mettre en valeur l'évolution en cours d'année de l'importance relative des différents aliments, en particulier l'herbe pâturée.

 

L’approche environnementale, jusque-là non prati­quée, a fait l'objet d'une attention toute particulière : recours à la modélisation et à l'approche systémique pour les risques de pollution par les nitrates et les pesti­cides, à la fois sur les prairies et les cultures, avec une évaluation des pertes de nitrates dans l'eau. Elle a égale­ment nécessité des essais expérimentaux complémen­taires, au champ et au laboratoire (tels ceux utilisés pour évaluer le devenir de l'azote dans le sol et dans les plantes à la suite d'un retournement de prairie).

 

Les pratiques des 17 exploitations laitières ont très rapidement évolué en cinq ans, pour passer d'un système presque conventionnel (excepté la part des prairies à base de trèfle blanc, déjà importante au départ) à un système qui a pu être qualifié de durable, à la fin de l'étude i ce qui a permis de décrire avec pré­cision et sûreté les changements techniques et leur impact sur les résultats économiques, environnemen­taux et sociaux (travail). De plus, les résultats en exploitation ont été validés, en ce qui concerne les pertes de nitrates et de pesticides, par une comparai­son cette fois-ci de deux petits bassins versants de la taille d'une grande exploitation, où les pertes ont été réellement mesurées à l'exutoire. Ces deux bassins ont également servi à comparer la valeur du bocage, en montrant la . supériorité du système durable sur le système conventionnel.

 

Les résultats de ces travaux ont été publiés dans À la recherche d'une agriculture durable (lnra, 2002) et dans mon article « Des systèmes herbagers économes : une alternative aux systèmes intensifs bretons» (revue Four­rages, 173,2003).

 

 

S'agissant de rendements, l'agriculture durable est-elle perfor­mante?

 

Jusqu'à maintenant, les niveaux de production végé­tale ou animale par hectare (le rendement) n'entraient pas dans le concept de durabilité. Or, si on veut donner à ce concept une portée planétaire, un niveau suffisant de rendement devient une nécessité. Il convient cepen­dant de faire la distinction entre pays riches et pays pauvres, les rendements étant parfois dix fois plus faibles chez ces derniers. Nos pays ne devraient d'ailleurs pas produire de surplus, en partie réalisés à partir des matières premières à bas prix des pays pauvres. Surtout, nos surplus exportés concurrencent déloyalement les produits finis de ces pays. La règle devrait être d'appro­visionner d'abord sa propre population en produits sains et de bonne qualité nutritive et gustative, cela allant généralement de pair avec des niveaux de pro­duction non excessifs.

 

L’agriculture pratiquée au Cédapa permet des rendements assez élevés. Elle le doit au fait de ne pas supprimer la totalité des fertilisants azotés et des pesticides (comme en agriculture biologique), de bien recycler les déjections organiques, et surtout elle le doit à la pro­ductivité de la prairie à base de trèfle blanc dans leur système fourrager (méthode Pochon).

 

À votre avis les critères de la durabilité doivent-ils évoluer ?

 

Dans un contexte élargi, la durabilité en agriculture ne pourra plus se mesurer en termes strictement agro­nomiques mais se référer aux ressources essentielles à impact planétaire selon qu'elles sont épuisables ou non, onéreuses ou non. Trois de ces ressources sont concer­nées : l'eau, l'énergie et l'azote, qui entrent dans les cycles vitaux de l'équilibre (Terre et atmosphère, végé­taux et animaux).

 

Nous avons tenté de caractériser la durabilité au niveau global de l'exploitation par un index qui prend en compte deux d'entre elles, l'énergie et l'azote. Il correspond au meilleur compromis réalisé entre leurs trois composantes: le rendement des pro­ductions végétales, l'efficacité des intrants, l'autono­mie en ressources non épuisables, en provenance du sol et de l'atmosphère (ou l'inverse, la dépendance vis-à-vis des intrants). La valeur du compromis mesuré sur une échelle de 0 à 10 correspond à la somme des deux compromis mesurés sur l'énergie et sur l'azote (M. Journet, L. Delaby et A. Pochon, non publié).

 

Comparativement aux exploitations du département des Côtes-d'Armor, les exploitations laitières herba­gères du Cédapa, économes mais productives, en consommant deux fois moins d'intrants tout en ne pro­duisant que 10 à 15 % en moins, se caractérisent de ce fait par un niveau global de durabilité nettement plus élevé', de 8 au lieu de 5 (sur 10).

 

Ces exploitations se distinguent de celles d'agri­culture biologique, qui présentent des niveaux d'in­trants encore plus faibles mais sont nettement moins productives et de ce fait ressortent avec un niveau inférieur de durabilité mesuré par cet index. Lindex proposé devrait être complété en tenant compte, en plus de l'énergie et de l'azote, d'une ressource essen­tielle, l'eau, et d'une ressource à effet polluant, les pesticides.

 

Malgré ces résultats encourageants, pourquoi la profession et les décideurs restent-ils aussi sourds?

 

La question est aussi difficile que celle qui demande­rait à un économiste d'expliquer le pourquoi des graves anomalies dans l'économie et la finance. Il n'est guère possible que de faire des constats et d'émettre quelques hypothèses.

 

Le constat est bien, en effet, que la pratique de l'agri­culture biologique et de l'agriculture durable, même réunies, ne concerne qu'une proportion faible d'agri­culteurs, que la profession s'engage très peu pour les promouvoir et que les mesures prises par l'État ont été jusqu'à aujourd'hui très timides ou peu efficaces, alors

 

1. Voir J'annexe 3, p. 163.

 

 

que le développement durable est partout affiché comme la solution d'avenir.

 

Les causes sont difficiles à appréhender. La plus grave est peut-être l'incrédulité subsistante des princi­paux acteurs, malgré une rapide et grandissante prise de conscience de l'opinion, à la suite de crises de plus en plus fréquentes et de plus en plus graves. La plus importante est certainement d'ordre financier, puisque la durabilité va à l'encontre de l'intérêt des puissances industrielles et financières (surtout en amont de l'agri­culture). Mais pourquoi certains secteurs industriels sont-ils réactifs alors qu'en agriculture ils ne le sont pas? Pourquoi la profession majoritaire est-elle liée à ces pouvoirs, à l'encontre de l'intérêt, à terme, des agri­culteurs?

 

Entre ces deux causes, probablement majeures, n'y a-t-il pas une incapacité des acteurs et partisans d'une agriculture économe à définir et à réglementer ce mode de production, entre agrobiologistes et durables, et à l'intérieur des deux groupes? Pourquoi le mode pro­ductif de l'agriculture dite durable, qui est beaucoup plus facile à mettre en œuvre techniquement, n'a-t-il pas été présenté plus clairement à l'opinion et aux auto­rités, alors qu'il ressort avec un index élevé de durabi­lité, tel que nous l'avons estimé?

 

Dernière cause, plus optimiste : le temps nécessaire pour qu'un concept émerge et devienne réalité est long.

 

Dans la recherche il est parfois de vingt ans. Il y a plus de vingt ans, j'avais avancé dans mon propre institut qu'il fallait opérer un virage à 90 degrés. Eh bien, on en est toujours au début, même si la notion de durabilité, qui a progressé à pas de géant, est clairement affichée. À titre d'anecdote, je viens de constater que dans une association agricole renommée, l'herbe vient - enfin! ­d'apparaître comme une solution d'avenir inéluctable en zone d'élevage. J'avais presque désespéré qu'elle le devienne un jour. Combien faudra-t-il de temps pour qu'elle soit réalité?

 

Qu'est-ce qui se/on vous permettrait de changer rapidement les choses ?

 

 

Ne pas céder au découragement et harceler les pou­voirs. Pour cela, je vois deux facteurs déterminants.

 

D'abord le rôle de la presse et des médias, jusque-là très frileux, mais qui semblent enfin prêts à servir de porte-parole à de courageux visionnaires et aux mer­veilleux chantres de l'écologie, en butte aux scientistes, de faux scientifiques, qui confondent innovation et progrès. Il faut compter également sur la montée en puissance de la prise de conscience générale, y compris chez les agriculteurs, à la suite des diagnostics inquié­tants sur l'état de la planète ... et leur santé.

 

Ensuite, l'arrivée de catastrophes, prévisible pour certaines, brutales et inquiétantes pour tous. Les catastrophes de grande ampleur, comme celle que nous allons vivre, ne peuvent qu'engendrer de grands chan­gements, en espérant qu'ils ne soient pas dévastateurs comme par le passé. La mondialisation, arrivée presque à son paroxysme, décriée à raison pour son libre­ échangisme économique incontrôlé, offre cette chance unique de nous faire prendre conscience que nous appartenons à un même monde, d'espace limité, et que notre survie consiste à le rendre durable en tous lieux.

 

Pour l'agriculture, quel message voulez-vous faire passer?

 

L’agriculture, en comparaison avec d'autres secteurs, comme l'industrie, les transports ou la communication, présente des particularités régionales beaucoup plus grandes. Elle est liée à la géographie et au climat, ainsi qu'à son caractère familial et au niveau de développe­ment social et technique. De ce fait, la durabilité, concept valable pour tous, ne peut pas se concrétiser de ~a même façon dans chaque grand ensemble.

 

Selon moi, l'ensemble unitaire, l'échelle pertinente, c'est l'Europe, malgré les grandes divergences qui subsis­tent entre États. Ce sera le principal centre de décision, même si chaque pays devra faire preuve d'initiatives osées. C'est à ce niveau qu'il faudra exercer la plus grande pression, tant la marche à franchir semble haute.

 

Il me semble qu'il faut défendre deux idées-forces. La première est qu'il faut condamner l'idée des niveaux de production très élevés pour nourrir la planète, même si ces niveaux doivent être suffisants. Lagriculture durable, conçue par grands ensembles, ne doit plus être concurrentielle, mais à l'inverse doit déboucher sur l'entraide; et les pays riches doivent aider les autres à trouver leur autonomie, qu'ils peuvent à terme atteindre facilement, compte tenu de l'espace et des marges de progrès dont ils disposent. Les pays déve­loppés auront assez à faire avec la lutte contre la pol­lution chimique, la qualité sanitaire et nutritive des produits, la redécouverte des approvisionnements de proximité, la reconstruction des paysages ruraux, la préservation des terroirs ...

 

La seconde idée est qu'il convient en urgence de réduire considérablement les intrants à base de res­sources fossiles épuisables et polluantes, en restaurant l'usage préférentiel des ressources du sol et de l'atmo­sphère. Il faut faire savoir que de telles réductions nécessitent de profonds changements du système de production, incluant presque nécessairement une rota­tion de cultures variées, avec des légumineuses, des protéagineux et des prairies, puis d'associer autant que possible culture et élevage.

 

Le principal écueil, dans ce monde en accéléré, sera de faire le tri dans le foisonnement des idées, entre les mauvaises, qui, par manque de recul, reposent sur des assises insuffisantes, et les bonnes.

 

Les sciences de l'écologie et de l'environnement sont très récentes. Elles prêtent le flanc aux attaques des sciences dures. Et surtout, l'approche globale, indispen­sable pour concevoir la durabilité des systèmes de production, est une des faiblesses du monde scienti­fique actuel, qui a développé la spécialisation et la performance technique à outrance…

Par Enfin Libre ...
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Dimanche 4 octobre 2009

Préparer Copenhague 0050/….

 

 

Préparer Copenhague : L’infamie de la culture excessive 0021/….

 

 

Une vraie question qui mérite que l'on s'y attarde

 

Dans les années 1950 et 1960, sous l'impulsion de l'Inra, qui prônait alors la révolution fourragère herba­gère (et qui était relayée par les centres d'études tech­niques agricoles!), un développement agricole économe, autonome, équilibré, à forte valeur ajoutée, basé sur la polyculture-élevage, a sorti l'agriculture française de sa faible productivité. En quelques années, un progrès considérable que nous n'aurions jamais imaginé dix ans plus tôt s'est accompli.

 

Or, ce modèle de développement qui était durable par nature et respectait les règles de l'agronomie a bas­culé en deux ou trois années vers un modèle producti­viste basé sur la monoculture céréalière dans certaines régions, l'élevage industriel dans d'autres, tout cela à grand renfort d'engrais azotés, de pesticides, d'aliments et d'énergies importés. Certes, dans ce cas, l'agriculteur produit beaucoup mais en dépensant également beau­coup. Ce basculement du modèle de développement équilibré vers le modèle productiviste s'est fait sous trois influences qui se sont cumulées.

 

Tout d'abord, il s'agit de l'influence du commerce des approvisionnements agricoles, y compris celui des coopératives agricoles, que les agriculteurs ont eux-

 

1. Comme je l'ai expliqué dans Les Sillons de la colère.

 

 

mêmes créées. Les responsables de ces coopératives (dont le salaire dépend du chiffre d'affaires de leur organisation) ont tout fait pour augmenter ce chiffre et donc le volume des approvisionnements et des produits récoltés. En effet, le développement économique à forte valeur ajoutée propulsé dans les années 1950 ne favorisait pas celui de l'agro-industrie, puisqu'en défini­tive l'agriculteur utilise peu d'aliments du bétail, peu de pesticides, peu de matériel ... Les techniciens des firmes ont donc propulsé l'élevage industriel des porcs et des volailles et le système de fourrage des bovins à base de maïs-fourrage et de soja, véritable poule aux œufs d'or de l'agro-industrie. Il était facile pour ces techniciens, qui ont la confiance des agriculteurs - d'autant plus qu'ils appartenaient à leur coopérative -, de les inciter à mettre en place un élevage hors-sol ou d'adopter le maïs-four­rage présenté comme la plante miraculeuse. Dans les plaines céréalières, ils encouragèrent la monoculture pré­sentée comme « la fin des servitudes de l'élevage des ani­maux», car il faut en effet être présent tous les jours dans la ferme si l'on a des animaux!. Ils poussèrent donc à l'intensification par l'azote et les pesticides : beaucoup

 

1. Ce modèle de production a d'ailleurs permis de réaliser « l'assolement quadriennal », c'est-à-dire une organisation du tra­vail à la ferme tout à fait originale: blé, sports d'hiver, betterave, Côte-d'Azur. ..

 

 

de ventes et beaucoup d'achats. Tout est bénéfice pour le commerce, mais au détriment d'une agriculture res­pectueuse des paysans et de l'environnement.

 

La deuxième influence a trait à l'enseignement agri­cole dans les lycées et les grandes écoles agrono­miques. Contrairement aux précédentes générations, celle qui s'installait dans les années 1970 était passée par les écoles d'agriculture. Or, cet enseignement avait adopté d'emblée le système néerlandais de production porcine industrielle sur lisier et le système fourrager américain maïs-fourrage-soja. Il y était également ensei­gné le traitement intensif des cultures, à grand renfort de pesticides. On prônait alors le fameux « Club des 1 00 quintaux» comme modèle d'exploitation. Il s'agis­sait là d'un collectif de céréaliers dont l'objectif était de produire, comme son nom l'indique, 100 quintaux par hectare. Comble de l'ironie, l'Inra, chantre des her­bages, basculait à son tour vers le nouveau système fourrager (à base de maïs-fourrage et de soja), reniant ainsi son discours des années 1950 sur la révolution fourragère - la vache qui fait le travail toute seule puis­qu'elle a « une barre de coupe à l'avant et un épandeur à l'arrière». Lénorme potentiel de production des her­bages bien gérés passait alors à la trappe pour faire place au « dieu maïs», présenté comme le summum du progrès et de la richesse. Les écoles ont formé selon ce modèle dominant non seulement les futurs agriculteurs mais aussi les futurs techniciens agricoles des coopéra­tives, ceux des firmes privées ainsi que ceux de la vulga­risation agricole entre les mains des chambres départe­mentales d'agriculture.

 

À propos de ces dernières, je tiens à souligner une pratique qui a commencé à cette époque - et qui existe toujours - consistant à faire passer chaque mois des contrôleurs laitiers dans les élevages. Ces contrôleurs sont notés sur le nombre de litres de lait obtenus par vache dans les élevages qu'ils contrôlent. Ce volume est bien entendu énorme. L’objectif est, par exemple, de 10 000 litres de lait par vache et par an, de 15 000 litres de lait par hectare. Qu'importe si le lait produit l'est essentiellement avec du maïs-fourrage, du soja et très peu avec de l'herbe.

 

Les comptables des centres de gestion, auxquels adhérent la quasi-totalité des agriculteurs depuis l'appa­rition de la TVA sur les produits agricoles, en 1966­1967, ne sont pas en reste : depuis cette date, les agri­culteurs sont comparés entre eux sur la base du nombre de quintaux de céréales, du nombre de litres de lait, de kilos de viande produits à l'hectare et pas du tout sur la valeur ajoutée (c'est-à-dire ce qu'il reste en définitive dans la poche de l'agriculteur).

 

Tout cela aboutit à une génération d'agriculteurs obnubilés par la quantité produite, par une production de masse sans souci de la qualité. Hors de. cette voie, point de salut. Hélas, les dirigeants agricoles aux commandes depuis quarante ans ont tous été formés sur ce modèle dominant.

 

Enfin, la troisième influence provient de la politique mise en place en 1962. Elle a malheureusement conforté ce modèle. Elle en est même à la base. On l'a vu, en garantissant les prix tous azimuts sans limite, elle a encouragé la spécialisation des exploitations : mono­cultures céréalières intensives par-ci, élevages exclusifs par-là. Et comme je l'expliquais au début de ce livre, les importations non taxées de soja et de PSC ont favorisé l'élevage industriel (dit hors-sol puisque les animaux sont nourris exclusivement avec des aliments importés). Elle a favorisé l'élevage de veaux industriels en subven­tionnant la poudre de lait et condamné ainsi l'élevage des veaux fermiers élevés au pis. Finie aussi la pro­duction porcine alimentée au lait écrémé: celui-ci est remplacé par le soja plus un petit chouia de farines ani­males. Tout un modèle s'écroula en quelques mois. Et, la réforme de 1992, en introduisant une prime au maÏs­fourrage mais en ne donnant rien aux éleveurs qui ali­mentent leurs animaux à l'herbe, a conforté ce modèle. De plus, la prime à l'hectare sans limite a poussé les exploitations à s'agrandir. Concrètement, si je paie 150 euros de fermage à l'hectare pour cultiver des céréales, l'Europe me verse 500 euros de prime ...

 

 

Il reste que, malgré toutes ces influences, l'agriculture durable a fait son chemin grâce aux pionniers du Cédapa dans les Côtes-d'Armor. CIma a expertisé les résultats obtenus pendant cinq ans, les a publiés dans un ouvrage de 250 pages, À la recherche de l'agriculture durable. Les chambres d'agriculture des Côtes-d'Armor et du Finistère ont comparé dans 100 fermes les perfor­mances des prairies de trèfle blanc sans azote avec les prairies fortement fertilisées en engrais azotés. La ferme expérimentale de Trévarez a fait la démonstration écla­tante de la supériorité économique de la prairie de trèfle blanc : autant de lait par vache, autant de lait à l'hectare mais ce avec une économie de 250 euros par hectare. Eh bien, malgré tous ces résultats, les diri­geants agricoles sont restés sourds et aveugles! « Trop beau pour être vrai», disaient-ils. Ils ont noyé le pois­son, laissé leurs propres publications au placard pour ne pas en informer les agriculteurs. Vingt ans après, la jeune génération d'agriculteurs ignore tout de ces résul­tats. Tout reste à faire pour les en convaincre.

 

J'accuse les aînés de n'avoir pas joué le jeu. Ou bien ils étaient totalement imbus de ce qu'ils avaient appris, ou bien ils ont cédé à des pressions douteuses.

 

Mais aujourd'hui, ils sont au pied du mur. Cancienne PAC a vécu. La France est menacée d'amendes colos­sales par Bruxelles pour la pollution de ses eaux. Quant aux algues vertes qui progressent d'année en année, l'État français a été condamné par les tribunaux en rai­son de son laxisme dans l/application de la réglementa­tion. Du coup/ des mesures draconiennes s'annoncent et le ministre de l/Agriculture, Michel Barnier, s/inté­resse aux travaux des pionniers de l'agriculture durable. Les consommateurs ne sont pas en reste : sous leur pression, l'Angleterre n/importe plus de viande de porc sur lisier, et certaines grandes surfaces ne mettent plus en rayon les œufs de poules élevées en cage.

 

Contraints et forcés, les agriculteurs vont se tourner enfin vers les pratiques de l'agriculture durable pour leur plus grand bien, comme on l'a vu. Mais que de temps perdu!

 

Il reste que la politique agricole, la nouvelle PAC, sera déterminante. Si les orientations préconisées dans cet ouvrage étaient réellement mises en œuvre en France, nul doute que l'agriculture européenne se convertirait entièrement aux méthodes de l'agriculture durable pour le plus grand bien des agriculteurs, des consommateurs et de l'environnement (tout en résol­vant au mieux la pénurie alimentaire mondiale qui s'ins­talle). Nous n/avons pas, cette fois, le droit de rater le virage. Nous irions droit dans le mur!

 

 

Entretien avec Michel Journet, coauteur d' « À la recherche d'une agriculture durable ».

 

En tant que directeur de recherche à l'Inra vous avez SUIVI durant plusieurs années les exPérimentations menées en matière d'agriculture durable. Quel a été votre cheminement 7

 

Mes activités à l/Inra se sont déroulées dans les sec­teurs de la nutrition énergétique et azotée, de la qualité du lait et de la conduite des troupeaux laitiers. J'ai éga­lement mené des recherches sur l/élevage et la nutrition des herbivores lorsque j'ai dirigé le département de recherches dans ce secteur. Elles rn/ont progressivement permis d/aborder la notion de durabilité, après avoir, inconsciemment, comme beaucoup, contribué à la dégra­der; et avant d'y œuvrer positivement ensuite.

 

C'est à partir de 1990, à la suite de la brutale prise de conscience des dégâts considérables causés à l'environ­nement, que la notion de durabilité fut conçue comme étant la recherche d'un équilibre entre trois fonctions : la rentabilité économique, le respect de l'environne­ment et celui du bien-être social. Cette notion d/abord interne à l'exploitation a vite pris un caractère beaucoup plus général, en raison des dégradations de la qualité des produits, du milieu de vie et des paysages, qui ont alors concerné les consommateurs puis l/ensemble de la population.

 

 

Comment  analysez-vous l'historique du développement agricole en France ?

 

Après la Seconde Guerre mondiale, en élevage comme dans l'agriculture en général, les recherches ont d'abord permis un accroissement important des productions grâce aux acquis scientifiques et à l'amé­lioration des méthodes de conduite des troupeaux. Elles ont amélioré la sécurité alimentaire et réduit for­tement les prix alimentaires à la consommation ainsi que la qualité des produits; et le niveau et la qualité de vie des exploitants.

 

C'est en France que ces acquis sociaux qu/on peut qualifier de « durables» ont été les plus conséquents grâce à une forte réduction du coût alimentaire des ani­maux, en privilégiant l/autonomie en fourrages et pro­téines (légumineuses fourragères et protéagineux de qualité, produits sur l'exploitation).

 

C'est dans les décennies 1970 et 1980 que les exploi­tations d'élevage ont perdu rapidement de leur caractère durable, en raison de niveaux excessifs de performance, d'une artificialisation - mécanisation, simplification du système de production et d/alimentation -, de la préfé­renCe donnée aux cultures (en particulier au maïs­fourrage) aux dépens de la prairie. Consécutivement les exploitations ont perdu de leur indépendance, avec l'augmentation considérable des intrants d/origine industrielle et du soja, sources de la forte dégradation de l'environnement.

 

Par Enfin Libre ...
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Dimanche 4 octobre 2009

Préparer Copenhague 0049/….

 

 

Préparer Copenhague : L’infamie de la culture excessive 0020/….

 

 

 

Quel est l'intérêt environnemental de l'agriculture durable?

 

Les fermes qui suivent le cahier des charges de l'agri­culture durable sont beaucoup moins polluantes. S'agis­sant par exemple des nitrates, les chiffres donnés par les études scientifiques de l'Inra sur ces parcelles démontrent que les exploitations qui passent d'un sys­tème productif intensif à l'agriculture durable ont réduit en seulement trois ans leurs excédents d'azote de 155 à 58 kilogrammes par hectare.

 

Concernant les pesticides, les scientifiques ont démontré que leur pression était 39 fois plus forte dans le bassin versant où se pratiquait l'agriculture conven­tionnelle. De fait, tous les pesticides recherchés ont été retrouvés à forte dose dans la rivière. Aucune trace dans la rivière du bassin versant qui appliquait le cahier des charges de l'agriculture durable.

 

Cela s'explique par le fait que les traitements en pesticides se font sur les parcelles cultivées, lesquelles représentent 68 % de la surface dans l'agriculture conventionnelle. Or, avec l'agriculture durable, les par­celles cultivées ne concernent que la %. Le reste est en herbe. De plus, ces 10% ne nécessitent pas beaucoup de traitements: 0,5 au lieu de 2,9, car il y a moins de maladies ou de mauvaise herbes. Cela s'explique par le fait qu'une même culture ne revient sur la même parcelle que tous les dix ans alors qu'en agriculture convention­nelle, c'est trois ans de suite.

 

Enfin, les chercheurs anglais J.C Ryden et E.A. Gar­wood ont comparé le lessivage et la pollution atmo­sphérique sur deux types de prairie, l'une à base de trèfle blanc sans azote, l'autre de graminées avec azote:

 

 

 

 

 

 

Ray-grass

Ray-grass

 

anglais pâturé

avec trèfle blanc

 

avec aZote

Pâturé sans azote

Lessivage

160 kg

18 kg

des nitrates

sous la prairie

d'azote par ha

d'azote par ha

Volatilisation

 

 

de l'ammoniac

120 kg

10 kg

dans

d'azote par ha

d'azote par ha

l'atmosphère

 

 

Quantité

2 tonnes

2,8 tonnes

de CO2 piégé

de CO2 par ha

de CO2 par ha

dans le sol

 

 

Parce qu'elles sont fortement fertilisées en engrais azotés les prairies classiques sont très polluantes. Mais les deux types de prairie piègent du CO} (2 tonnes pour l'une et 2,8 pour l'autre).

 

Enfin, l'agriculture durable consomme moins d'éner­gie:

 

Dépense énergétique des agriculteurs reconvertis, avant et après

 

La consommation de gazole passe en un an de 300 à 150 litres pour 10 000 litres de lait produits, soit moitié moins.

En conclusion, les agriculteurs durables gagnent un tiers de revenus en plus tout en ayant des conditions de travail plus agréables. Ils réduisent les pollutions par les nitrates par trois et résolvent le problème des pesti­cides, point noir de l'agriculture conventionnelle.

 

Enfin, ils contribuent à la lutte contre l'effet de serre en piégeant du CO} dans le sol et en diminuant leur consommation énergétique. De ce fait, ils économisent les énergies fossiles. Le bilan est positif sur le plan éco­nomique et environnemental.

 

Pourquoi les agriculteurs ne pratiquent-ils pas l'agriculture durable puisqu'ils y gagneraient tous?

 

Quand, à la fin d'une conférence, je présente ces résultats comparatifs, la même question m'est immédia­tement posée: « Pourquoi donc tous les agriculteurs ne font-ils pas cela?» En effet, pourquoi tous les agri­culteurs ne se reconvertissent-ils pas à l'agriculture durable puisqu'en effet ils gagneraient plus, travaille­raient moins, retrouveraient la considération de la société civile, tout en ayant la satisfaction de protéger l'environnement? Et pourquoi les pouvoirs publics ne prennent-ils pas toutes les mesures favorisant ce déve­loppement agricole, en particulier dans les écoles d'agri­culture? Pourquoi les dirigeants agricoles persistent-ils dans un modèle qui mène l'agriculture à l'impasse?

Par Enfin Libre ...
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Dimanche 4 octobre 2009

Préparer Copenhague 0048/….

 

 

Préparer Copenhague : L’infamie de la culture excessive 0019/….

 

CHAPITRE IV : PLAIDOYER POUR UNE AGRICULTURE DURABLE …

 

 

J'ai évoqué tout au long de cet ouvrage les pratiques de l'agriculture durable. Cette agriculture, respectueuse de la nature, des hommes et des animaux, repose sur des principes de base à l'origine d'un cahier des chargesl strict. Voyons maintenant en quoi cela consiste.

 

Les points clés de l'agriculture durable

 

Les six points suivants, valables sur toute la planète, sont la base de l'agriculture durable:

 

- Un équilibre des écosystèmes, sol, plantes et animaux.

 

1. Voir l'annexe 2, p. 160.

 

 

- Une bonne rotation des cultures (assolement) sur l'exploitation agricole. (Cela permet notamment de lut­ter contre les mauvaises herbes et les maladies, telle la pyrale du maïs.)

 

- Le recours à des plantes adaptées au sol et au cli­mat.

 

- L’utilisation de fumier plutôt que de lisier.

 

- L’utilisation de l'herbe comme alimentation de base des herbivores.

 

- La priorité donnée aux investissements productifs. (Ces investissements - engrais de fond, semences et animaux sélectionnés - permettent d'améliorer la pro­duction.)

-           

 

L’agriculture durable est rentable

 

 

Prenons l'exemple d'une exploitation à Saint-Bihy (Côtes-d'Armor), dont voici les chiffres annuels:

 

Produit brut

80798

Achats de matières premières

11037

Valeur ajoutée

71 743

Charges de structure

12 943

Revenu agricole

58800

Temps de travail

1 158 + 550 = 1 708 h

Ratio valeur ajoutée/produit brut

87 %

 

 

Relevons, d'une part, le fort taux de valeur ajoutée de cette ferme - 87 %, la moyenne dans les Côtes-d'Armor étant actuellement de 25 % - et, d'autre part, un revenu agricole (c'est-à-dire ce qui revient aux exploitants de la ferme) de 58 800 euros pour deux travailleurs qui effec­tuent 1 708 heures : un revenu important par rapport au nombre d'heures travaillées.

 

Si l'on prend uniquement le cas de la production de viande, la comparaison de cette ferme qui pratique l'agri­culture durable avec le réseau des 10 fermes de référence du département (choisies parmi les meilleures) donne les résultats suivants:

 

 

Moyenne

 

 

de 10 fermes

Ferme

 

de rejérence

de Saint-Bihy

 

des Côtes-d'Annor

 

Produit brut

 

 

par kg de vif

2,23 €

2,67€

(bovins)

 

 

Coût de

 

 

production par kg

1,99 €

1,34 €

de vif (bovins)

 

 

Revenu

 

 

par kg de vif

0,24 €

1,33 €

(bovins)

 

 

 

 

Nous constatons que le produit de vente de bovins issus de l'agriculture durable est plus élevé (2,67 euros contre 2,23 euros). La raison est que la qualité est meilleure, les animaux étant nourris essentiellement avec de l'herbe et du foin.

 

Pour la même raison, les coûts de production sont plus faibles (1,34 euro contre 1,99 euro) : l'herbe ne coûte pas cher.

 

Avec un prix de vente plus élevé et un coût de pro­duction moindre, le revenu au kg est donc multiplié par cinq (1,33 euro pour l'agriculture durable contre 0,24 pour la moyenne des 10 fermes).

 

Quelle est l'efficacité économique pour les producteurs de lait en agriculture durable?

 

Comparons maintenant 74 fermes laitières d'agri­culture durable' avec les fermes conventionnelles2 :

 

1. Chiffres provenant du RAD (Réseau d'agriculture durable de l'Ouest).

 

2. Chiffres issus du Rica de j'Ouest (Réseau d'information comptable agricole). Le Rica est un réseau d'exploitations tirées au sort. Il permet d'évaluer le revenu moyen des exploitations agri­coles en France et en Europe.

 

 

 

Ferme

Ferme

 

d'agriculture durable

conventionnelle

Nombre

1,81

 

de travailleurs

1,6

Surface

55,88 ha

54,14ha

agricole utile

Volume

244329 [

224 3271

de lait vendu

 

Les exploitations durables emploient plus de tra­vailleurs en produisant un peu plus de lait.

 

Utilisation de la surface agricole utile (SAU)

 

L’agriculture durable repose sur un système herbager: il y a beaucoup plus de prairie et moins de maïs que dans une ferme conventionnelle.

 

Les exploitations durables nourrissent pour l'essentiel leurs vaches au pâturage. Cela a pour conséquence directe de réduire considérablement les fourrages stoc­kés, qui coûtent cher: il est cinq fois plus cher de nour­rir une vache à l'auge qu'au pré.

 

Conséquences économiques

 

Les exploitations durables permettent de dégager 10 147 euros de résultat en plus avec moins d'aides publiques. Pourquoi?

 

 

 

Ferme

Ferme

 

d'agriculture durable

conventionnelle

Produit courant

111 130

109605

Valeur ajoutée

63671

53 107

Résultat courant

30801

20653

Dont prime PAC

6480

10976

Autres primes

4135

330

Total des primes

10615

11 306

 

Les fermes d'agriculture durable ont un tiers de revenus en plus avec moins de primes (ces primes dimi­nuent car ces fermes n'ont pas recours au maïs-fourrage, qui est subventionné). Mais cette perte est compensée en partie par les primes agri-environnementales

 

(4 135 euros). Ce ne sont donc pas les primes qui expli­quent la différence de revenus mais bien la différence considérable des coûts de production.

De plus, des économies sont effectuées sur le coût de l'alimentation. Le coût des fourrages et des pro­duits concentrés achetés par les fermes d'agriculture durable représente 59 euros pour 1 000 litres de lait, alors que ce montant est de 100 euros pour les fermes classiques.

 

 

Pour les engrais, les traitements et les semences, les frais par hectare sont les suivants:

 

 

Ferme

Ferme

 

d'agriculture durable

conventionnelle

Engrais

24,37

80,36

Traitements

20,32

49,11

Semences

33,96

58,63

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les frais de mécanisation sont aussi moins élevés avec l'agriculture durable: 343 euros par hectare pour les fermes d'agriculture durable contre 426 euros pour les autres. Cela s'explique par le fait que le système her­bager ne nécessite pas de gros tracteurs ni de grosses charrues:

Par Enfin Libre ...
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