Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 20:10

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LE CHAMP DE MINES S’ÉTEND À NOUVEAU À L’INFINI

12 juillet 2011 par Paul Jorion | Print LE CHAMP DE MINES S’ÉTEND À NOUVEAU À L’INFINI

Dans un billet datant du mois d’août 2007, j’écrivais ceci :

La façon dont je m’étais représenté en 2005 la crise à venir était un champ de mines où, ici et là, et de manière imprévisible, une mine exploserait en entraînant ou non d’autres à sa suite. Et c’est exactement ce qui est en train de se passer…

On n’était encore qu’au mois d’août 2007 : le feu d’artifice permanent durerait encore dix-huit mois. Mon billet d’alors s’intitulait : « Le champ de mines s’étend à l’infini ». C’est de nouveau le cas.

Par Enfin Libre ...
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Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 20:08

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L’actualité de la crise : SORTEZ-LES ! par François Leclerc

12 juillet 2011 par François Leclerc | Print L’actualité de la crise : SORTEZ-LES ! par François Leclerc

Billet invité.

Le coup de théâtre est qu’ils n’y sont pas parvenus ! Au terme d’une longue réunion de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker n’a eu dans la nuit que des généralités à annoncer, chacun étant resté campé sur ses positions, avec la clé l’inévitable commission de travail.

Principal responsable, la BCE, qui a refusé de manger son chapeau et a fait obstacle à tout avancée. La seule issue est, selon elle, de financer sur fonds publics européens, via le Fonds de stabilisation financière, le rachat par la Grèce de ses propres obligations, afin de diminuer le poids de sa dette. Il serait consenti un prêt dans des conditions avantageuses, l’aléa moral passé aux pertes et profits.

 Pesant de tout son poids pour obtenir satisfaction, la banque centrale a précisé que non seulement elle n’accepterait pas comme collatéral des obligations grecques, si le pays faisait un défaut ne serait-ce que partiel, mais a également qu’elle ne reprendrait en aucun cas son programme d’achat obligataire sur le second marché.

Ce matin, les bourses dévissent et les valeurs financières chutent, la crise financière prend des proportions jamais atteintes. Tout devient possible puisque rien n’est certain. C’est la dégringolade, Wall Street et Tokyo en subissent le contre-coup.

L’enjeu de la crise est d’une grande clarté : il faut que les Etats prennent en charge le sauvetage de la Grèce, oublions les banques, et au premier rang d’entre elles la BCE. Il n’y a pas de plan B : les conséquences de la crise du système financier doivent être assumées sur fonds publics.

Une interview donnée par Christine Lagarde à quinze agences de presse, dans ses nouvelles fonctions de directrice générale du FMI, est de bout en bout un morceau d’anthologie, la langue de bois ne parvenant même plus à être articulée. Refusant d’entrer dans le débat sur ce que le FMI considérerait ou non être un défaut ou un événement de crédit, Christine Lagarde a refusé de qualifier le rôle que jouaient les agences de notation, tout en réaffirmant, pour s’en tenir là : « elles jouent un rôle » ! Considérant, à propos d’un nouveau plan de sauvetage de la Grèce, que « rien ne doit être considéré comme acquis », elle a expliqué à propos de la Grèce que celle-ci devait en « faire plus », avec cette phrase admirable à propos des discussions européennes en cours : « C’est un travail en cours, un chantier qui avance, et ce qui en sortira sera certainement discuté davantage à mesure que le travail est accompli ».

Enfin, à propos des banques et de leur capacité à faire face à une restructuration de la dette grecque, elle a trouvé comme réponse : « Je ne pense pas qu’il y ait de lien entre les deux. Les tests de résistance arrivent en fin de semaine. Attendons d’avoir les tests de résistance pour essayer d’évaluer quelle est la force, la solidité relative par rapport à des pertes potentielles. Je ne tire pas de conclusion à ce stade ». Pour mémoire, les tests ne prennent pas en compte l’exposition à la dette souveraine.

Pendant la crise, les travaux continuent. Un groupe de travail a été constitué afin de poursuivre les discussions de l’Eurogroupe, donnant l’occasion à Jan Kees, le ministre néerlandais, de lancer à la volée, à propos d’un défaut grec partiel, « cette option n’est désormais plus exclue. » Toutes les hypothèses reviennent régulièrement sur le tapis, pour être ensuite écartées, cela s’appelle tourner en rond.

Au vu de l’intensité des attaques spéculatives et des ventes d’actifs précipitées qui sont enregistrées, combien de jours les autorités européennes en charge vont-elles pouvoir le faire  ? Nicolas Sarkozy est en Afghanistan et Angela Merkel se tait. Jean-Claude Trichet contemple la scène et prépare la BCE à limiter les dégâts, pour ensuite jouer les sauveurs, Christine Lagarde aurait mieux fait de se taire, mais elle ne le pouvait pas.

Quel spectacle !

Par Enfin Libre ...
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Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 20:08

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APPEL AUX DIRIGEANTS DE L’EUROPE, par Jean-Jacques Bonnaud et Jean-Pierre Pagé

12 juillet 2011 par Paul Jorion | Print APPEL AUX DIRIGEANTS DE L’EUROPE, par Jean-Jacques Bonnaud et Jean-Pierre Pagé

Billet invité. On peut réagir au sauve-qui-peut généralisé de la zone euro de la manière que nous avons choisie François Leclerc et moi-même dans la journée d’hier – chacun dans son style. On peut le faire aussi à la manière de Jean-Jacques Bonnaud et Jean-Pierre Pagé, dont je relaie bien volontiers l’appel.

« L’Europe a-t-elle des pulsions suicidaires ? », s’alarmait Joschka Fischer dans le Figaro du 30 juin 2011. Il a raison, en particulier quand il écrit : « Qu’attendent les chefs d’Etat de la zone euro ? Hésitent-ils à dire la vérité à leurs électeurs par crainte de compromettre leur avenir politique ? » Et il a d’autant plus de mérite qu’il a le courage de mettre en question la rigidité et le dogmatisme de certains de ses compatriotes.

Qu’attendent, en effet, les dirigeants de la zone euro ? Quand, l’un d’entre eux va-t-il se lever, tel un Robert Schuman ou un Konrad Adenauer, pour dire « Cela suffit ! Assez de gâchis ! Il faut passer à un stade supérieur de la construction européenne, à une Europe véritablement unie avec tous les mécanismes d’une union, non seulement monétaire, mais aussi politique, budgétaire et sociale, nécessaires ». Beaucoup, pour ménager leurs intérêts nationaux, espéraient que cela puisse être remis à plus tard. La crise financière, manifestant le dévoiement et le délitement du capitalisme, ne nous en laisse pas le temps. Quand va-t-on reconnaître enfin que la crise mondiale – qui est, en réalité, une crise du capitalisme des nations avancées de l’Occident – n’est pas terminée ? Au contraire, qu’elle ne fait que commencer et a toutes les raisons de rebondir et s’aggraver ? Il suffit, pour cela, de considérer les dilemmes dans lesquels se débattent, non seulement nos pays de la zone euro, mais aussi les Etats Unis dont la maîtrise du système monétaire international leur a permis d’émettre des dollars à la mesure de leur dette et de masquer ainsi le gouffre sur lequel ils sont assis.

Alors, assez de demi-mesures, d’emplâtres, Messieurs les dirigeants de l’Europe. Osez aborder les vrais sujets, les vrais problèmes et leurs solutions : un ministère des finances (et de l’économie) européen comme le propose Jean-Claude Trichet, des transferts des pays les plus riches vers les pays les plus pauvres comme il se doit dans une union économique digne de ce nom, des ressources budgétaires propres européennes, prélevées sur tous les Européens sans distinction de pays, permettant de gérer un véritable budget européen, au lieu de l’avorton actuel que d’aucuns voudraient encore réduire, des eurobonds permettant de financer la dette publique et les investissements de l’avenir….. Osez mettre tout cela en place et soumettez-le aux peuples qui, retrouvant ainsi l’espoir et un sens dans la construction de l’Europe, vous accorderont largement leur soutien.

Cet appel émane de deux anciens hauts fonctionnaires de l’administration économique qui ont mis leur espoir dans la construction européenne. Alarmés par ce qui se passe aujourd’hui en Europe, ils exhortent à un resaissisement immédiat.

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Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 20:07

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L’actualité de la crise : ILS SE FONT ATTENDRE ! par François Leclerc

11 juillet 2011 par François Leclerc | Print L’actualité de la crise : ILS SE FONT ATTENDRE ! par François Leclerc

Billet invité.

« Nous avons procédé à un tour d’horizon » est le seul commentaire que les journalistes ont pu tirer d’Herman Van Rompuy, président de l’Union européenne, au sortir de son déjeuner au sommet. Enchaînait une réunion de l’Eurogroupe dont rien n’a encore filtré. La nuit risque d’être longue, car Jean-Claude Juncker ne pourra pas s’en tirer avec une telle pirouette. Les journalistes pourraient le comprendre, les marchés moins.

C’est du côté de l’Institute of International Finance qu’il faut se tourner pour avoir du nouveau, si l’on en croit le Financial Times. Un document de six pages a été selon lui distribué aux ministres participants à la réunion, auquel il a eu accès, dont l’essentiel tient en peu de mots : vous devez dans les jours qui viennent financer un rachat de sa dette par la Grèce, afin de diminuer la charge qui pèse sur elle.

C’est à cette condition que pourra être évitée la propagation irrésistible de la crise, qui est entrée dans sa phase la plus critique, poursuit le document. C’est aussi à cette condition que les banques pourraient s’engager à participer au sauvetage de la Grèce, pour un montant estimé à 30 milliards d’euros sur un total de 115 milliards d’euros. Elles pourraient procéder à un échange d’une partie des obligations souveraines qu’elles détiennent contre de nouvelles à longue maturité.

 Liant leur soutien à l’action préalable des Etats, les banques cherchent ainsi à se garantir contre des décotes ultérieures des nouvelles obligations grecques qu’elles détiendraient.

Mais ce schéma, en cours de discussion, a fort peu de chances de recueillir l’assentiment des Allemands, faisant dans la pratique peser le poids du sauvetage sur les finances publiques, alors qu’il s’agit de le partager. « C’est problématique », a lâché un négociateur allemand à Reuters, avant de rentrer en réunion.

Au vu de la gamelle enregistrées aujourd’hui par les valeurs financières (les banques) sur les places boursières européennes, et les sauts de cabri des taux obligataires espagnols et italien, quelles sont les marges de manœuvre effective des uns et des autres dans cette négociation au finish ? Pas lourdes, semble-t-il…

Comment ne pas poursuivre, dans le fil de l’actualité, la comparaison avec les péripéties de l’affrontement qui se poursuit aux Etats-Unis, où la dramatisation est à son comble, orchestrée par Barack Obama et son administration afin de tenter de faire plier les républicains (et accessoirement les libéraux, la gauche démocrate) ?

Dans les deux cas, la corde est tendue à l’extrême. Alors que l’OCDE vient de rendre publiques de nouvelles prévisions de croissance du monde occidental, à la baisse avec une mention spéciale pour le Japon, et que la Banque des règlements internationaux a prévenu que la crise de la dette publique est amenée à s’étendre et avoir un impact négatif sur les banques. Explicitant cette menace en précisant que « la hausse du niveau d’endettement de certains Etats a d’ores et déjà conduit à ce que les obligations d’Etat de ces pays perdent leur statut d’investissement sans risque et d’autres pays risquent d’être affectés par cette tendance. » En d’autres termes, sapant le système financier.

Prenant les devants, le FMI vient par la bouche de son conseiller spécial Zhu Min, appelé à devenir directeur général adjoint, d’avertir qu’il va être nécessaire de « trouver un équilibre entre austérité et croissance », en précisant les moyens et les objectifs  : « nous devons ainsi soutenir les plus pauvres et les plus vulnérables, en fournissant par exemple des filets de sécurité sociale pour les chômeurs et en améliorant les administrations fiscales et la collecte de l’impôt ».

La ligne de crête, en effet, va être pour le moins très étroite, comme les événements actuels le prouvent.

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Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 20:06

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LA CHUTE DE L’EMPIRE ROMAIN : EN DIRECT, GRÂCE À INTERNET !

11 juillet 2011 par Paul Jorion | Print LA CHUTE DE L’EMPIRE ROMAIN : EN DIRECT, GRÂCE À INTERNET !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

On a voulu étendre la logique du marché et de la marchandise à absolument tout. On a balayé du coup le domaine de l’éthique qui réglait jusque-là les affaires humaines. Le marchand – victime toute désignée selon Aristote de la fièvre de l’or – a cessé d’être un malade s’il succombe, pour être promu au rang de prototype de l’être humain rationnel ! Le salarié a cessé lui d’être la victime qui se contente des restes une fois que l’investisseur et le dirigeant d’entreprise se sont servis, pour être reconnu comme « Gestionnaire d’un Capital Humain », lequel n’est autre que… sa triste personne !

L’État est désormais une entreprise privée plus ou moins florissante dont la performance est évaluée par ces autres firmes privées que sont les agences de notation… dont le souci légitime est celui d’une part accrue du marché. Et ceci, quel que soit le prix à payer. Mais attention ! à condition que soit respectée la sacro-sainte loi de la concurrence parfaite !

Pendant ce temps-là les parieurs font monter la mise : quel est l’État qui prend le bouillon en premier ? « Si c’est l’Espagne, j’ai gagné ; si c’est l’Italie, c’est toi ! », dit l’un, « Mais pourquoi s’arrêter en chemin ? », ajoute l’autre, qui renchérit : « Si c’est Moody’s qui coule la zone euro, je gagne ; si c’est Standard & Poor’s, c’est toi ! »

Allons, allons, ne restez pas là à regarder, on n’attend plus que vous ! Ne soyez pas timides ! Parce qu’il y a GROS à gagner !

La chute de l’Empire romain… En direct ! … grâce à Internet ! Et vous y étiez !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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